Des milliers de manifestants pour défendre les langues régionales, Bretons et Basques particulièrement mobilisés

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Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Guingamp pour défendre
Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Guingamp pour défendre

Basques, Bretons, Catalans, Corses ou Alsaciens: des milliers de personnes ont manifesté samedi dans différentes villes de France pour défendre "l'enseignement immersif" en langues régionales, censuré par le Conseil constitutionnel.

"Les gens sont là parce qu'ils ont peur que les écoles associatives soient fermées. La décision du Conseil constitutionnel pourrait leur enlever tout leur financement" et "remet en cause une méthode pédagogique utilisée depuis plus de 50 ans", a déclaré le député du Morbihan Paul Molac (Libertés et Territoires), présent parmi les 6000 manifestants bretons (selon la préfecture, 10.000 selon les organisateurs).

Il est l'auteur de la loi sur les langues régionales, votée le 8 avril à l'Assemblée et retoquée partiellement le 21 mai par le Conseil constitutionnel, qui a censuré la méthode immersive à l'école ainsi que l'utilisation de signes diacritiques comme le tilde (~) dans les actes de l'état civil. L'immersion correspond à un enseignement effectué pour une grande partie du temps scolaire dans une langue autre qu'en français

À Bayonne, 10.000 personnes selon les organisateurs, 6000 selon la police, ont manifesté dans les rues de la ville, dans une ambiance calme et familiale, mais avec une farouche détermination. "On a besoin de solutions pour ne pas qu'un enfant sur cinq en maternelle se retrouve anticonstitutionnel à la rentrée", a réclamé Peio Jorajuria, président de la Fédération des écoles associatives immersives, dites ikastola, où 5000 enfants sont scolarisés.

"Il faut modifier la Constitution"

Les deux petites filles de 7 et 5 ans de Cécile Walschaerts, Belge mariée à un Alsacien, ont fait leurs années de maternelle en immersion alsacien/allemand.

"La seule façon de faire en sorte que mes enfants puissent devenir des vrais locuteurs de l'alsacien et transmettent plus tard à leurs enfants une langue qui est dans leur famille depuis des siècles, c'est l'enseignement en immersion", a-t-elle expliqué.

Apprendre l'alsacien, c'est entrer dans "un univers de comptines, de légendes, de jeux dans cette langue", a-t-elle mis en avant, refusant que cet apprentissage soit réduit à "un folklore".

"On est dans une impasse, pour en sortir il faut modifier la Constitution", a réclamé Yann Uguen, président des écoles associatives d'enseignement immersif en breton Diwan.

"C'est une régression, car c'est le principe même de l'enseignement immersif d'une langue régionale qui a été déclaré inconstitutionnel", a pour sa part déclaré à Colmar Claude Froehlicher, président de l'association de parents d'élèves Eltern Alsace.

"Une mobilisation fondamentale"

Lors du rassemblement alsacien, regroupant environ 200 personnes en fin de matinée, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, candidat LR à sa réélection, a reçu une importante quantité de farine sur la tête. Des cris de "traître" et de "félon" ont été entendus, à l'encontre de cet ancien défenseur de l'Alsace devenu figure de proue d'une grande région encore souvent mal acceptée.

"Se faire enfariner à cette occasion par un autonomiste est une forme de reconnaissance. Je suis très sensible à cet hommage à la pâtisserie alsacienne", a ironisé sur Twitter Jean Rottner, qui, sur place, ne s'était pas exprimé.

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Le rassemblement alsacien avait attiré de nombreux candidats aux prochaines élections régionales et départementales, tandis que le drapeau rouge et blanc de l'Alsace était omniprésent.

"La seule façon de faire en sorte que mes enfants puissent devenir des vrais locuteurs de l'alsacien et transmettent plus tard à leurs enfants une langue qui est dans leur famille depuis des siècles, c'est l'enseignement en immersion", a expliqué Cécile Walschaerts, Belge mariée à un Alsacien et mère de deux petites filles de 7 et 5 ans, qui ont fait leurs années de maternelle en immersion alsacien/allemand.

À Bastia, des chants polyphoniques corses ont clôturé en fin de matinée la manifestation d'un peu moins de 200 personnes, dont le leader du mouvement indépendantiste "Corsica Libera" et président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, devant les locaux de l'inspection académique pour la défense de langue corse. Deux banderoles ont été déployées avec le message "Pour que vivent nos langues".

"C'est une mobilisation fondamentale. Le conseil constitutionnel a nié un fait démocratique. Ce qui se passe est gravissime. Il remet en cause tous les dispositifs d'enseignement de la langue corse", a lancé au micro Ghjiseppu Turchini, professeur de langue corse.

À Lille également, une quarantaine de personnes sont venues réclamer au rectorat l'enseignement en primaire du picard dès la rentrée 2021 et le recrutement d'enseignants de flamand.

Article original publié sur BFMTV.com

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