Les langues c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas !

VINCENT GERBET / Hans Lucas via AFP

Apprendre une langue ça ne s’oublie pas (ou peu). C’est en tout cas le résultat d’une étude menée par des chercheurs de l’université de York, en Angleterre. Les participants ont été soumis à un à un test de français un demi-siècle après leur dernier examen et ont obtenu des résultats équivalents à des élèves plus jeunes, note le quotidien britannique The Times.

Les scientifiques ont demandé à près de 500 personnes, ayant passé entre 1970 et 2020 un General Certificate of Secondary Education (diplôme obtenu généralement vers 16 ans dans certains pays anglo-saxons) ou un Advanced Level (l’équivalent du baccalauréat en France), en filière français langue étrangère, de réaliser un test de vocabulaire et de grammaire dans la langue de Molière.

Ils ont également demandé aux participants s’ils avaient utilisé leurs connaissances en français au cours des années qui ont suivi leurs examens, et ont écarté toute personne ayant étudié une autre langue plus tard dans sa vie.

Les résultats collectés montrent que les compétences changent assez peu au cours du temps. Dans des cas particuliers, une urgence médicale par exemple, les personnes ayant appris le français sont capables se rappeler les mots corrects dans un délai extrêmement court.

Maintenir le cerveau en éveil

Les scientifiques décrivent ce système comme un “réseau linguistique” dans lequel il suffirait d’un mot stocké dans une partie du cerveau, même s’il s’agit d’un mot prononcé dans la langue du pays d’origine, pour stimuler d’autres parties du réseau où des mots étrangers peuvent être stockés.

Ces stimulis maintiendraient donc le cerveau en éveil et les langues étrangères resteraient en mémoire. Il ne faudrait pas grand-chose pour retrouver son niveau, même après de longues années sans pratique.

On dit souvent que, si on n’utilise pas une langue, on la perd, mais apparemment ce n’est pas le cas. La connaissance d’une langue est étonnamment stable sur de longues périodes, par rapport à d’autres matières comme les maths, l’histoire ou les sciences”, déclare, au journal britannique, la Pr Monika Schmid, directrice du département de langue et de linguistique de l’université de York. De quoi en rassurer certains à la veille d’un voyage.

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