L'Angleterre est fatiguée

Les responsables du cricket anglais
ne l’admettraient jamais mais dans les plupart des autres pays, les test matchs
[la forme la plus longue du cricket, qui se joue en cinq jours] risquent de ne
pas survivre. La montée de l’Inde a tout changé. Le
sous-continent génère aujourd’hui 70 % des revenus du cricket mondial et
n’hésite pas à exercer le pouvoir et l’influence qui va avec.
Le cricket a toujours été un vecteur d’affirmation nationale. L’élite de
l’Angletrre victorienne le considérait comme un élément de la mission
civilisatrice de l’empire qui unissait les lointains sujets dans une loyauté à
la mère patrie et à ses valeurs. “Y jouer honorablement est une leçon
morale en soi et la salle de classe, c’est l’air et le soleil de Dieu”,
déclarait Lord Harris, qui était gouverneur général
de Bombay dans les années 1890 et avait été capitaine du Kent. Plus tard, le cricket a servi à unifier
les populations dispersées de l’Australie et exprimer l’australianité : un jeu
agressif, sans sentiments, égalitaire, dénué de fioritures et de raffinement.
Aux Antilles, le cricket a commencé par proclamer la suprématie des colons blancs
- aucun joueur noir n’a pu être capitaine jusque dans les années 60 - avant de permettre
aux Noirs de s’affirmer. Aujourd’hui l’Inde, qui est en train de
devenir une puissance mondiale politiquement et économiquement, trouve dans le
cricket un domaine où elle peut dominer.

Elle représente de loin le marché le
plus grand et le plus lucratif. Comme l’expliquent Nalin Mehta, Jon Gemmell et
Dominic Malcolm dans un numéro récent de la revue Sport in Society“les joueurs de cricket sont les plus
grosses marques de l’économie de consommation (indienne).”
La Premier League indienne (IPL), un championnat qui
réunit des équipes attachées à une ville sur le modèle du championnat de
football anglais, offrent aux joueurs des sommes auparavant inimaginables pour
une saison de quelques mois. En 2008, première année de l’IPL, les droits de
diffusion mondiaux et la vente des franchises ont atteint 1,7 milliard de
dollars [1,2 milliard d’euros] et certains joueurs ont obtenu des contrats de plus d’un million de
dollars. En 2009, le championnat a dû s’exiler en Afrique du Sud par
crainte de troubles en cette année électorale, mais ce revers est probablement
temporaire. Nombre de joueurs professionnels du monde entier n’aspirent plus à
une place en test match mais à un contrat avec l’IPL.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles