Landes: un retraité condamné à 25 ans de prison pour une tentative d'assassinat à caractère raciste

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(Photo d'illustration) - AFP
(Photo d'illustration) - AFP

Un retraité de 69 ans a été condamné jeudi à Mont-de-Marsan à 25 ans de prison pour une tentative d'assassinat à caractère raciste sur son voisin en 2018 dans les Landes, a-t-on appris auprès d'avocats.

À l'issue de cinq jours de procès, Claude Gorsky a été reconnu coupable d'avoir tenté de tuer avec préméditation et sur fond de haine raciale Saïd el Barkaoui, avec lequel il était en conflit de voisinage depuis plusieurs années dans la petite commun d'Ychoux (2400 habitants).

"Une décision sans précédent"

L'avocat général avait requis cette même peine de 25 ans d'emprisonnement à l'encontre de Claude Gorsky, qui encourrait la réclusion criminelle à perpétuité.

"Cette peine conforte la famille qui a obtenu une réponse claire et sans ambiguïté de la cour d'assises sur l'intention homicide, la préméditation et la circonstance aggravante de racisme", a réagi l'avocat des Barkaoui, Me Frédéric Dutin. "Cela les rassure sur la justice".

Avocat de la défense, Me Anthony Sutter, a la "sensation de pas avoir été entendu" et "la frustration de se dire qu'on condamne à 25 ans de prison en deux heures et demie". Au sujet d'un éventuel appel, il a dit attendre de pouvoir discuter avec son client.

"C'est une décision sans précédent en matière de répression des crimes racistes", a assuré Me Guillaume Traynard, pour SOS Racisme, qui s'était porté partie civile. L'avocat s'est félicité de ce que "le caractère raciste a été reconnu de manière pleine et entière alors qu'il était contesté par l'accusé".

Insultes et "menaces de mort"

Le 20 mai 2018, Claude Gorsky avait garé sa voiture devant le pavillon de son voisin, 39 ans à l'époque et père de six enfants, et avec son pistolet 22 long rifle lui avait tiré dessus à cinq reprises, les deux dernières balles se logeant dans le dos de la victime alors en train de ramper au sol.

Selon la famille de la victime, le sexagénaire a tiré après avoir crié "sale arabe" et d'autres insultes racistes, déjà prononcées à plusieurs reprises dans le passé.

Saïd el Barkaoui était mort quinze jours après l'agression d'une rupture d'anévrisme, "indépendante des blessures par arme à feu" d'après une expertise médicale.

Quinze jours avant les coups de feu, Claude Gorsky disait avoir reçu des "menaces de mort" et des insultes de "sale Polonais" de la part de son voisin. Il avait auparavant giflé la compagne de celui-ci, lors d'une énième querelle de voisinage liée à l'envoi d'un ballon par les enfants du couple dans la haie du pavillon de Claude Gorsky.

"C'était lui ou moi", avait indiqué aux enquêteurs l'homme qui a reconnu les coups de feu mais pas l'intention de tuer ni le crime raciste. Selon lui, Saïd El Barkaoui tenait, le jour du drame, une pelle à deux mains, avec "l'intention de lui porter un coup". Mais les enquêteurs n'ont pas retrouvé de pelle.

Article original publié sur BFMTV.com

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