Landes: une opération de prélèvement d'ADN de masse réalisée pour élucider un meurtre

Esther Paolini
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Un gendarme travaille sur un prélèvement d'ADN, le 12 octobre 2007 dans les locaux de la gendarmerie à Cergy-Pontoise. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - MEHDI FEDOUACH / AFP
Un gendarme travaille sur un prélèvement d'ADN, le 12 octobre 2007 dans les locaux de la gendarmerie à Cergy-Pontoise. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - MEHDI FEDOUACH / AFP

Au cœur de la forêt des Landes, les communes de Commensacq et Trensacq sont le théâtre d’une opération de gendarmerie pour le moins inhabituelle: toute la population masculine est soumise depuis mardi à un test ADN, dans le but d’élucider une affaire de meurtre. Guy Lecomte, 54 ans, a été sauvagement tué d’une trentaine de coups de couteau en 2019. Depuis, l’enquête piétine et les gendarmes espèrent, par cette opération de prélèvement de masse, obtenir de nouvelles pistes.

Un commercial discret et solitaire

Le corps sans vie de Guy Lecomte est découvert par les pompiers en septembre 2019. Une autopsie est réalisée et atteste que l’homme a été tué par une trentaine de coups à l’arme blanche, dont certains au thorax. Une enquête est rapidement ouverte par le parquet de Mont-de-Marsan et confiée à la section de recherches de Pau. L'inquiétude s’empare des rues de Commensacq:

"Sa maison était à cinquante mètres de l’école, donc dans un premier temps une petite psychose s’est installée", raconte à BFMTV.com le maire, Richard Cabanac.

Qui en voulait à ce commercial discret auprès de ses voisins et souvent sur la route? Guy Lecomte, qui habitait la commune depuis "10 ou 15 ans" selon l’édile, vivait seul après avoir vécu deux drames successifs, le suicide d’un enfant et un divorce.

Les mois passent, l’entourage et le voisinage sont interrogés, plusieurs perquisitions sont effectuées à son domicile, mais toujours aucune piste sérieuse ne semble émerger.

Aucune réticence

Dix-neuf mois après, les gendarmes ont donc mis en place une opération inédite, révélée par Sud-Ouest et confirmée par le maire de Commensacq: sur la base du volontariat, l’ADN de tous les habitants hommes de Commensacq et de la commune voisine a été prélevé au cours d'une vaste campagne, qui a démarré mardi et doit s’achever ce jeudi.

La salle des fêtes a été mobilisée pour l’occasion, nous précise Richard Cabanac, qui indique que des "isoloirs" artisanaux ont été installés à l’intérieur. Munis de leur convocation judiciaire et de leur pièce d’identité, les habitants se sont soumis au prélèvement à l’aide d’un petit bâtonnet inséré dans la bouche. L’opération, reposant sur la base du volontariat, n’a suscité aucune réticence.

"Pendant un mois, les enquêteurs sont allés à la rencontre des habitants pour les rassurer, leur expliquer qu’il s’agit d’éliminer des pistes", poursuit le maire.

Les personnes âgées et à la santé fragile ont quant à elles pu se soustraire au test. Les prélèvements, qui ne seront pas conservés au-delà des besoins de cette enquête, ont été transmis en laboratoire pour analyse. Avec l’espoir, pour les enquêteurs, d’identifier enfin un suspect.

Article original publié sur BFMTV.com