L'ancien chef du renseignement US nie toute écoute contre Trump

L'ancien directeur du renseignement américain, James Clapper, a rejeté dimanche les accusations du président Donald Trump selon lesquelles son prédécesseur, Barack Obama, aurait demandé à ce que son QG de campagne soit placé sur écoutes. /Photo prise le 10 janvier 2017/REUTERS/Joshua Roberts

WASHINGTON (Reuters) - L'ancien directeur du renseignement américain, James Clapper, a rejeté dimanche les accusations du président Donald Trump selon lesquelles son prédécesseur, Barack Obama, aurait demandé à ce que son QG de campagne soit placé sur écoutes.

La Maison blanche a demandé dimanche au Congrès de déterminer si l'administration Obama avait abusé de son "pouvoir d'enquête", disant avoir des informations "troublantes" au sujet de possibles écoutes téléphoniques de la Trump Tower, à New York.

Selon le New York Times, qui cite des responsables anonymes, le patron du FBI, James Comey, a demandé dimanche au département de la Justice de ne pas donner suite à cette plainte de Donald Trump car elle ne reposait d'après lui sur rien, mais il n'a pas été suivi.

"Il n'y a pas eu d'écoutes téléphoniques organisées contre le président-élu à l'époque, ni quand il était candidat, ni contre son équipe de campagne", a déclaré James Clapper, qui a quitté ses fonctions à la tête du renseignement américain fin janvier, pendant l'émission "Meet the Press" sur NBC.

Jason Chaffetz, président républicain de la commission de la Chambre des représentants chargé de superviser le travail du gouvernement (Oversight and Governement Reform Committee), a déclaré qu'il n'avait vu aucune preuve directe à l'appui des accusations de Donald Trump contre son prédécesseur.

"Jusqu'à présent, je n'ai rien vu qui soutiendrait directement ce que le président a dit", a dit Jason Chaffetz dans une interview à la chaîne CBS.

Les démocrates accusent Donald Trump de chercher à détourner l'attention de la polémique suscitée par les relations qu'ont entretenues des membres de son entourage avec l'ambassadeur de Russie pendant la campagne.

Chuck Schumer, chef de file de la minorité démocrate au Sénat, a réclamé lundi une enquête de l'inspecteur général du département de la Justice pour vérifier qu'il n'y a eu aucune ingérence politique dans les investigations sur les contacts entre les proches de Trump et la Russie.

L'ancien porte-parole de Barack Obama, Josh Earnest, a assuré que le président n'avait pas l'autorité pour ordonner de telles écoutes.

D'après la loi américaine, la mise en place d'écoutes nécessite un mandat d'un juge fédéral qui doit être convaincu que la cible est un "agent d'une puissance étrangère".

A la question de savoir si un tel mandat avait été délivré, James Clapper a répondu: "Je peux le démentir."

(John Whitesides et James Oliphant; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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