L'ancien chef d'Etat somalien accuse le président actuel d'avoir attaqué sa résidence

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L'ANCIEN CHEF D'ETAT SOMALIEN ACCUSE LE PRÉSIDENT ACTUEL D'AVOIR ATTAQUÉ SA RÉSIDENCE

MOGADISCIO (Reuters) - L'ancien président somalien Hassan Sheikh Mohamoud a déclaré dimanche que des soldats avaient attaqué sa résidence et que le président Mohamed Abdullahi Mohamed était responsable de l'opération.

Ses déclarations interviennent alors que soldats ont échangé des tirs dans la capitale de Mogadiscio, signe de la division grandissante au sein des forces de l'ordre entre les partisans de l'actuel président qui a souhaité étendre son mandat et ceux qui y sont opposés.

Selon des analystes, ces divisions pourraient détourner les forces de sécurité somaliennes de leur combat contre le groupe islamiste al Shabaab, qui est lié à Al-Qaïda.

Le président Mohamed Abdullahi Mohamed a fait adopter une loi à la mi-avril pour étendre son mandat de deux ans, entraînant une vague d'opposition dans le pays et à l'international. Son mandat de quatre ans a pris fin en février dernier sans qu'aucun successeur n'ait été désigné.

"Il est regrettable qu'une armée sous le commandement d'un président dont le mandat vient d'arriver à terme ait attaqué ma résidence", a écrit sur Twitter, Hassan Sheikh Mohamoud qui ne reconnaît pas l'extension du mandat de Mohamed Abdullahi Mohamed.

"J'ai déjà mis en garde contre le danger de politiser la sécurité. Farmaajo est responsable de ce qui se passe", a-t-il ajouté en appelant Mohamed Abdullahi Mohamed par son surnom.

Aucun porte-parole du gouvernement n'était disponible dans l'immédiat pour répondre aux accusations de Hassan Sheikh Mohamoud qui a été remplacé par le président actuel en 2017.

Mais le ministe de la Sécurité intérieure, Hassan Hundubey, a démenti l'idée selon laquelle le gouvernement avait ordonné l'attaque de la résidence de l'ancien président, selon l'agence de presse d'Etat Somali National News Agency.

Hassan Hundubey a ajouté que les troupes gouvernementales étaient parvenues à maîtriser les milices dimanche à Mogadiscio. Il n'a pas dit à qui appartenaient ces milices.

"Après avoir essayé en vain de trouver une solution par la négociation, les forces de l'ordre sont intervenues et ont mis fins aux opérations des milices", a-t-il dit sur Facebook.

Un peu plus tôt, un journaliste de Reuters a entendu des échanges de coups de feu dans la capitale et des résidents ont dit avoir été témoins de heurts entre soldats.

Un journaliste de Reuters a vu quatre véhicules militaires positionnés dans le quartier de Fagah au nord de Mogadiscio. Les soldats appartenaient au clan des Abgal qui soutient Saney Abdule, un commandant basé au centre de la Somalie.

Ce dernier a déclaré dimanche qu'il se retirerait de certaines de ses positions et pour se rendre dans la capitale afin de dénoncer la prolongation du mandat du président.

La semaine dernière, le chef de la police de Mogadiscio a annoncé qu'il suspendait le Parlement pour empêcher l'extension mais a été limogé quelques minutes plus tard. Un autre général somalien a menacé de prendre le contrôle de l'aéroport de Mogadiscio.

La Somalie, qui a été plongée dans une guerre civile en 1991, peine à rétablir l'autorité du gouvernement et à reconstruire la nation, malgré les aides internationales.

(Caroline Pailliez, édité par)