A Lampedusa, des migrants toujours plus nombreux

Le directeur du centre d’accueil administratif pour migrants de Lampedusa s’appelle Federico Miragliotta. Il a 30 ans et dirige le centre le plus difficile à gérer d’Italie. Dans l’urgence de ces derniers jours [2 300 migrants ont débarqué sur cette île au sud de la Sicile entre Noël et le 31 décembre, un record en cette saison], il a même donné un coup de main aux cuisines. Il y met de la passion, mais n’a guère les moyens de résoudre l’un des problèmes les plus urgents, celui des “mineurs non accompagnés” enfermés ici, car les maisons-familles situées en Sicile, seuls lieux d’accueil pour les mineurs qui débarquent à Lampedusa, sont pleines. Elles sont même surpeuplées. Il en existe vingt-cinq ; selon la loi, elles ne devraient pas accepter plus de dix jeunes à la fois, mais elles en hébergent souvent cinquante. Il est très difficile de trouver des places pour les mineurs, et certains attendent des semaines. Le 30 décembre, le centre a réussi à en placer quarante-trois. Selon l’ONG Save the Children, qui travaille dans le centre d’accueil de Lampedusa et demande depuis longtemps que le système de prise en charge des mineurs soit étendu à toute l’Italie, ils sont actuellement cent cinquante-trois bloqués sur l’île. Ils vivent avec une centaine de femmes dans la partie du camp la plus proche de la grille d’entrée, dans des locaux prévus en théorie pour soixante-dix personnes. Ils mangent dehors, assis où ils peuvent, ou sous une bâche en plastique, là où dorment également ceux qui n’ont pas trouvé de place dans les préfabriqués. Le réfectoire est petit et est depuis longtemps utilisé pour la préparation des repas.

Dans ce centre qui tient à la fois du village et du camps de réfugiés, il a suffi qu’un jour, le 28 décembre, le camion de ramassage des ordures ne passe pas pour que, aussitôt, se forment des pyramides d’ordures. En fait, pendant de longues périodes de l’année, la population du centre ne descend pas au-dessous du millier de personnes, contraintes à vivre entassées et à partager 80 toilettes et 90 douches. On y voit du linge qui sèche sur les balustrades, des gens accoudés sur les passerelles et un nombre impressionnant de très jeunes garçons. Ils ont en moyenne 16 ou 17 ans, mais certains sont plus jeunes. “C’est angoissant de les voir débarquer ainsi, reconnaît un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. Selon les chiffres de la direction de police d’Agrigente [la préfecture dont dépend Lampedusa], sur environ 31 000 migrants qui ont débarqué en 2008 à Lampedusa, 322 ont été arrêtés, dont 138 passeurs présumés, qui pilotaient les embarcations. Les demandeurs d’asile - les vrais, ceux qui y ont droit, et non pas ceux qui “tentent le coup” - sont beaucoup plus nombreux. En 2007, un tiers de ceux qui ont débarqué à Lampedusa ont fait une demande d’asile et un sur cinq a obtenu la protection de l’Etat italien.

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