L'amour au temps du coronavirus

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«On ne m’aime que de dos
C’est mon lot, c’est mon fardeau
On ne m’aime qu’à l’envers,
Je ne connais que l’amour par derrière… »,

chantait Giedré en 2011. En ces temps où chaque livre, chaque film qui parle de virus, pour ancien qu’il soit, est qualifié de « prémonitoire », la chanson très décalée de notre Lituanienne préférée sonne comme un avertissement — et comme un programme. Le coronavirus implique l’adoption immédiate d’un nouveau kamasutra, dont nous allons détailler les positions obligées.

mots d’amour étouffés

La géo-localisation des portables, si utile à un gouvernement pas du tout orwellien, mais qui veille au respect des règles qu’il a édictées, interdit de fait l’adultère, cette soupape ordinaire des couples qui durent. Le confinement (un mot qui en contexte érotique commence vraiment bien), en interdisant de fait les escapades extra-maritales, ne doit pas favoriser les altercations conjugales que craint Marlène Schiappa, mais favoriser au contraire le rapprochement des corps. Mais attention : pas à moins d’un mètre de distance. Apprenez donc les positions qui sauvent. J’attends impatiemment de Jérôme Salomon, le Monsieur Corona du gouvernement, une intervention détaillée, un de ces soirs, sur ce sujet délicat.

Plus question de s’accoupler face à face. En tout cas pas à moins d’un mètre de distance, ce qui disqualifie immédiatement tous les hommes qui ne disposent pas d’un instrument égal à celui de Barbey d’Aurevilly : à un agent de police qui lui reprochait d’uriner contre un arbre en se tenant fort éloigné du tronc, l’auteur des

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