L'Allemagne ne "s'opposera pas" à la volonté de la Pologne de livrer des chars Leopard à l'Ukraine

L'Allemagne ne "s'opposera pas" à la volonté de la Pologne de livrer des chars Leopard à l'Ukraine, qui les réclame avec insistance, si Varsovie en demande l'autorisation, a déclaré dimanche la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock.

"Si on nous posait la question, nous ne nous y opposerions pas", a dit la ministre du parti des Verts, qui gouverne en coalition avec les sociaux-démocrates d'Olaf Scholz et les libéraux à propos de la livraison à Kiev de ces chars de fabrication allemande.

"Pour l'instant, la question n'a pas été posée" par la Pologne, tenue de faire une demande officielle à Berlin, a précisé la ministre, interviewée à Paris sur la chaîne française LCI.

Alors que le Président français Emmanuel Macron avait déclaré qu'il ne fallait pas "humilier" Vladimir Poutine, suscitant beaucoup d'irritation de la part de ses alliés, les tergiversations d'Olaf Scholz sur la livraison de chars Leopard à l'Ukraine ont suscité moults critiques.

Le chancelier allemand est accusé d'attentisme derrière des discours vagues, à l'image de celui tenu à la Sorbonne, à Paris, ce dimanche : "Nous continuerons à soutenir l'Ukraine, aussi longtemps qu'il le faudra, dans tous les domaines, assure Olaf Scholz. Nous le ferons ensemble, en tant qu'Européens, pour défendre notre projet de paix."

Certains membres de l'Union européenne, comme la Pologne ou les pays Baltes, n'acceptent plus de ménager l'agresseur : "C'est immoral, dénonce le Président de la Lituanie Gitanas Nauseda, car chaque jour est extrêmement coûteux et c'est l'Ukraine elle-même qui en paye le prix._Et elle le fait avec ce qu'il y a de plus précieux : des vies humaines."

Chaque jour est extrêmement couteux pour l'Ukraine. Elle le paye avec ce qu'il y a de plus précieux : des vies humaines.

La Pologne a déjà fait savoir qu'elle était décidée à se passer du feu vert de Berlin pour réexporter ses chars Leopard à Kyiv.

Emmanuel Macron, lui, déclare de son côté que "rien n'est exclu" concernant la livraison de chars Leclerc à l'Ukraine.