L'ami et ex-conseiller de Trump, Roger Stone, condamné à 40 mois de prison

L’ancien conseiller et ami de longue date de Donald Trump, Roger Stone, a été condamné à 40 mois de prison par un juge fédéral de Washington pour avoir été reconnu coupable en novembre dernier de 7 chefs d’inculpation. Les procureurs avaient initialement requis 7 à 9 ans mais entre-temps, Donald Trump est intervenu dans le dossier, déclenchant une vive polémique.

Avec notre correspondant à San Francisco, Eric de Salve

Malgré la polémique Donald Trump n’a pas attendu plus d’une heure pour dénoncer la condamnation de son sulfureux compagnon de route et accuser le tribunal de partialité, laissant planer la possibilité d’une grâce de Roger Stone.

« A mon avis, Roger a très bonne chances d’être innocenté. Je suis convaincu que les 4 femmes du jury et la juge en charge du jury étaient totalement partiales. Elle était une activiste anti-Trump ! Vous vous rendez compte ?! »

40 mois de prison, une peine pourtant bien en dessous des 7 à 9 ans requis la semaine dernière par les procureurs. Mais sur Twitter Donald Trump avait qualifié ce réquisitoire « d’erreur judiciaire ». Le lendemain, son ministère de la Justice jugeait la recommandation excessive et demandait à la justice une sentence allégée de 3 à 4 ans. La manœuvre a provoqué un tollé : retrait du dossier des procureurs désavoués, lettre ouverte de 2 000 anciens fonctionnaires de justice dénonçant un traitement faveur et un ministre de la Justice aux ordres...

Un ministre qui, cette semaine, demandait d’ailleurs au président de ne plus tweeter sur ses dossiers menaçant de démissionner. « Je n’arrive plus à faire mon travail » explique William Barr.

Roger Stone a été reconnu coupable en novembre d’avoir menti au Congrès sur ses contacts avec Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, dans l’affaire des emails piratés du parti démocrate pendant la présidentielle de 2016. Il avait également été reconnu coupable d’obstruction à la justice et de subordination de témoin.

En sortant libre du tribunal, ce spécialiste revendiqué des coups tordus en politique se montrait visiblement confiant, tout sourire en costume trois pièces et chapeau borsalino.