Les lamentations de Gabino Iglesias

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Les Lamentations du Coyote, quatrième roman de ce culturiste qui affirme ne dormir que quatre heures par nuit, le second publié en France, aux Editions Sonatine. Il paraît que l'homme aime la France. Premier chapitre. Un père et son fils. Don Pedro et Pedrito qui accompagne son géniteur à une partie de pêche. Moment de communion et d'amour entre l'homme et l'enfant. Il lui parle du poisson-caïman, comme il est futé. Très futé. "Pêcher, c'est mentir, et mentir à un poisson intelligent, c'est presque impossible." On l'envie Pedrito, avoir un papa aussi fin, c'est la promesse d'une vie heureuse.

Mais Gabino Iglesias n'aime pas les contes de fée. Celui-ci est gluant, sanglant. Rouge-noir. Rouge-sang, comme la tête de Don Pedro qui vole en éclat. "Une substance grisâtre s'échappait de l'énorme trou dans son crâne. Puis un nuage de gouttelettes rouges." Le coup, la mort sont venus de la rive en face. Mais ce n'est pas fini. L'homme blanc en tenue camouflage pose son fusil, tire un pistolet de sa ceinture. Colle le canon sur sa tempe gauche. Petit nuage rose. Si ce n'est pas un putain de premier chapitre, je ne sais pas ce que c'est. Les Lamentations du Coyote , un roman du barrio Noir qui fait fondre les jantes chromées d'El Diablo. Accrochez-vous, respirez, soufflez.

La chaîne alimentaire du désespoir

Inspirer, expirer. Le coyote entre en scène. Avec lui, les voies du Seigneur sont sacrément impénétrables. Il maîtrise l'art d'abîmer un enfant juste ce qu'il faut. Il est le meilleu...


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