L'Allemagne va présenter un vaste projet pour le port de Beyrouth

par John Irish, Joseph Nasr et Ellen Francis
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L'ALLEMAGNE VA PRÉSENTER UN VASTE PROJET POUR LE PORT DE BEYROUTH

par John Irish, Joseph Nasr et Ellen Francis

PARIS/BERLIN (Reuters) - L'Allemagne va présenter la semaine prochaine aux autorités du Liban une proposition de plusieurs milliards de dollars pour reconstruire le port de la capitale Beyrouth, dans le cadre d'efforts destinés à ce que la classe politique libanaise forme un gouvernement capable d'enrayer l'effondrement financier du pays, a-t-on appris de deux sources informées du projet.

Une explosion dans le port de Beyrouth en août dernier a causé la mort de 200 personnes, blessé des milliers d'autres et détruit des quartiers entiers de la capitale libanaise, plongeant le pays dans sa pire crise politique et économique depuis la guerre civile de 1975-1990.

Selon deux sources diplomatiques, l'Allemagne et la France se font concurrence pour mener les efforts de reconstruction à Beyrouth. Les sources ont fait savoir que Berlin prévoyait de dévoiler le 7 avril une proposition, que la Banque européenne d'investissement a accepté de financer en partie, pour procéder au nettoyage du port et à la reconstruction des installations.

La participation financière de la BEI a été estimée par l'une des sources entre 2 milliards et 3 milliards d'euros.

Un haut représentant libanais a confirmé que l'Allemagne devrait présenter un vaste plan de reconstruction pour le port de Beyrouth.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès du ministère allemand des Affaires étrangères.

La firme Roland Berger, qui a selon les sources diplomatiques oeuvré à mettre sur pied le projet, n'a pas donné suite pour le moment à des demandes de commentaire.

Les deux sources diplomatiques ont déclaré que l'élite politique libanaise devait dans un premier temps s'accorder sur la formation d'un nouveau gouvernement à même de réparer les finances publiques et d'éradiquer la corruption, une condition sur laquelle les donateurs - dont le Fonds monétaire international - insistent aussi avant de fournir des milliards de dollars d'aide.

"Ce projet n'arrivera pas sans contrepartie", a dit l'une des sources. "L'Allemagne et la France veulent d'abord voir en place un gouvernement engagé à mener des réformes. Il n'y a pas d'autre moyen et cela est bon pour le Liban".

Le Premier ministre désigné Saad Hariri et le président libanais Michel Aoun n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la composition d'un nouveau gouvernement, alors que le gouvernement démissionnaire après l'explosion de Beyrouth vaque aux affaires courantes depuis lors.

En début de semaine, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a prévenu les dirigeants libanais que l'Union européenne étudiait des moyens de faire pression sur ceux empêchant le pays de sortir de la crise.

(John Irish à Paris, Joseph Nasr à Berlin, Ellen Francis à Beyrouth, avec Maha El Dahan à Beyrouth et Gus Trompiz à Paris; version française Jean Terzian)