L'Allemagne revient au charbon face à la raréfaction du gaz russe

AFP - Ina FASSBENDER

"Pour réduire la consommation de gaz, il faut utiliser moins de gaz pour produire de l'électricité. A la place, les centrales à charbon devront être davantage utilisées", a indiqué le ministère allemand de l'Economie.

L'Allemagne a pris le 19 juin 2022 des mesures d'urgence pour sécuriser son approvisionnement en énergie face aux baisses récentes de livraison de gaz russe, avec notamment un recours "amer" à la plus polluante des énergies, le charbon. "Pour réduire la consommation de gaz, il faut utiliser moins de gaz pour produire de l'électricité. A la place, les centrales à charbon devront être davantage utilisées", a indiqué le ministère de l'Economie dans un communiqué. Le recours accru au charbon est un revirement pour le gouvernement de coalition d'Olaf Scholz, qui a promis d'abandonner cette source d'énergie d'ici à 2030.

"Amer, mais indispensable"

"C'est amer, mais c'est indispensable pour réduire la consommation de gaz", a réagi le ministre écologiste de l'Economie et du Climat Robert Habeck. Une loi en ce sens devrait être adoptée d'ici au début de l'été, a-t-il ajouté. Son parti avait fait de la sortie rapide du charbon une priorité. Concrètement, le gouvernement va permettre l'utilisation de centrales à charbon dites "de réserve", ne servant actuellement qu'en dernier recours. Le ministre a toutefois assuré que ce plus fort recours au charbon était "provisoire", face à "l'aggravation" de la situation sur le marché gazier.

Le géant russe Gazprom a annoncé cette semaine plusieurs baisses de livraison de gaz via la gazoduc Nord Stream, sur fond de bras de fer entre pays occidentaux et Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine. Arguant d'un problème technique, le groupe a réduit de 40%, puis de 33% ses envois. Cette décision a eu un lourd impact sur plusieurs pays européens, en particulier l’Allemagne, l’Italie et la France, qui ne reçoit désormais plus de gaz russe.

La menace d'un rationnement

Pour Berlin, qui continue d'importer 35% de son gaz de Russie, contre 55% avant la guerre, la situation est "sérieuse", selon M. Habeck. "Il ne faut pas se faire d’illusion, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine", a-t-il commenté. Face à l'urgence, le gouvernemen[...]

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