L'Allemagne expulse deux diplomates russes suite au meurtre d'un Géorgien

Les faits remontent au mois d'août dernier à Berlin. Un ressortissant géorgien de 40 ans, ancien combattant séparatiste en Tchétchénie, mourrait assassiné. Quatre mois après, l'Allemagne a décidé d'expulser deux diplomates russes en réponse au refus des autorités russes de coopérer dans l'enquête sur ce meurtre.

De notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

«  Les autorités russes n’ont pas suffisamment coopéré ». L’Allemagne demande à deux diplomates de regagner « avec effet immédiat » Moscou. En guise de représailles, des diplomates allemands en poste en Russie vont être expulsés.

Parallèlement, le parquet fédéral annonçait qu’il se saisissait de l’enquête soulignant par là sa gravité. Dans un communiqué, la justice allemande estime que le meurtre en août à Berlin d’un Géorgien d’origine tchétchène avait été commis « soit pour le compte d’entités étatiques de la fédération de Russie, soit pour le compte de la république autonome de Tchétchénie ».

Le parquet fédéral donne par ailleurs de nombreux détails. L’auteur du meurtre Vadim K. alias Vadim S. a été recherché en Russie il y a quelques années pour meurtre avant que l’avis de recherche ne disparaisse et que l’intéressé n’obtienne un passeport en 2015. Devenait-il par là un agent des forces de sécurité ? Le numéro de fax figurant sur le document d’un employeur pour l’obtention d’un visa Schengen de cette même personne renvoie vers deux entreprises appartenant au ministère de la Défense russe.

La victime, Tornike K., dirigeait une milice tchétchène durant la deuxième guerre entre la République autonome et la Russie au début des années 2000. Il a plus tard été chargé par la Géorgie de diriger une milice pour défendre l’Ossétie du Sud. Autant dire qu’il était un ennemi clair de Moscou. En 2015, Tornike K. avait été victime d’un attentat en Géorgie auquel il avait survécu. Il s’était installé plus tard à Berlin.

La colère des autorités russes

Dès l’annonce des mesures prises par les autorités allemandes, le ministère russe des Affaires étrangères a fait savoir qu’il réagirait à cette décision qualifiée d’inamicale et d’infondée, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

Des mesures réciproques seront prises prochainement, a fait savoir Sergei Lavrov.  Cette crise diplomatique prendra-t-elle la même ampleur que celle qui avait suivi l’affaire Skripal, et la tentative d’empoisonnement d’un ancien espion russe sur le territoire britannique ? En tout cas, la Russie espère que cette affaire ne remettra pas en cause la tenue ce lundi à paris, du Sommet à 4, avec l’Ukraine, la France et l’Allemagne.