L'Allemagne décide de dissoudre l'une de ses forces militaires d'élite

Les KSK, une force d'élite créée en Allemagne dans les années 1990 pour des opérations délicates comme le sauvetage d'otages détenus à l'étranger, devenaient de plus en plus embarrassants pour Berlin. Des révélations sur les sympathies d'extrême droite de certains membres et des disparitions d'armements défrayaient la chronique depuis des semaines.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault

Après ce qu'elle a qualifié de « découvertes troublantes et alarmantes », il était temps, selon la ministre de la Défense allemande Annegret Kramp-Karrenbauer, de faire le ménage.

Après la disparition de 48 000 munitions, 62 explosifs et la diffusion d’idées d’extrême droite dans une troupe d’élite vivant en autarcie, les forces spéciales KSK vont devoir prendre un nouveau départ. Une des compagnies où les dérapages extrémistes ont été les plus importants va être tout simplement dissoute sans être remplacée. Un renouvellement en profondeur doit être mis en place dans les prochains mois. D’ici là, les forces KSK ne participeront à aucune mission et intervention.

Ces dérapages, désormais médiatisés, inquiètent alors que l’Allemagne est confrontée à une recrudescence du terrorisme d’extrême droite. Il est, dans ce contexte, encore moins acceptable que par le passé d’accepter de tels comportements.

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En janvier, le contre-espionnage allemand avait estimé que le nombre d’extrémistes de droite dans cette unité d’élite était cinq fois plus élevé que dans l’ensemble de l’armée allemande. La sélection et la formation de ces forces doivent être améliorées. La ministre de la Défense a prévenu que si son coup de semonce ne devait pas être entendu, elle ne restera pas inactive.