L'Allemagne commémore les 75 ans du procès de Nuremberg

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Il y a 75 ans s'ouvrait à Nuremberg en Allemagne un procès historique fondateur du droit pénal international. Pour la première fois, les dirigeants d'un pays, ceux du régime nazi, devaient répondre de leurs crimes devant une juridiction internationale. Une cérémonie commémorative s'est déroulée ce vendredi 20 novembre au soir dans la salle du tribunal de Nuremberg.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Ne jamais abandonner, ne jamais abandonner, ne jamais abandonner ». Benjamin Ferencz a 100 ans mais continue de se battre pour faire avancer le droit international. Son message vidéo depuis les États-Unis se veut un appel pour parachever le droit pénal international dont les fondements furent posés il y a 75 ans dans la salle 600 du tribunal de Nuremberg où se tient la cérémonie commémorative.

Benjamin Ferencz fut le procureur d’un des procès qui succéda dans cette même salle au premier ouvert en novembre 1945.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a souligné dans son discours le tournant historique qu’a signifié pour le droit pénal international le procès de Nuremberg. « Le procès de Nuremberg était une révolution. Il n’était pas seulement une avancée juridique majeure, il a aussi ouvert une nouvelle page de l’histoire mondiale. Sans ce tribunal, la Cour pénale internationale de La Haye n’existerait pas aujourd’hui, a-t-il expliqué. Mais on voit combien il est difficile avec une telle juridiction et des principes de droit de faire avancer la justice dans le monde. »

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Frank-Walter Steinmeier a par ailleurs regretté que deux des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale qui avaient voulu le tribunal de Nuremberg, les États-Unis et la Russie, n’aient pas signé et ratifié les statuts de la Cour pénale internationale. Une absence comme celle d’autres États qui réduit les moyens de cette juridiction et rend encore plus pertinent l’infatigable combat de l’ancien procureur Benjamin Ferencz.