L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

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Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamara, a annoncé, mardi, la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc. Rabat a dit regretter une décision "injustifiée".

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc voisin, en raison "d'actions hostiles" du royaume à l'égard du pays, a annoncé le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, mardi 24 août.

"L'Algérie a décidé de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume du Maroc à partir de ce jour", mardi, a déclaré le ministre algérien lors d'une conférence de presse.

Le ministre a expliqué les raisons de cette décision en affirmant que "l'histoire avait montré que le Royaume du Maroc n'a jamais cessé de mener des actions hostiles à l'encontre de l'Algérie".

"Les services de sécurité et la propagande marocains mènent une guerre ignoble contre l'Algérie, son peuple et ses dirigeants", a-t-il accusé, promettant toutefois que cette décision "ne touchera pas les citoyens des deux pays" et que "les affaires consulaires travailleront normalement".

"Prétextes fallacieux"

Le ministère marocain des Affaires étrangères a regretté dans la nuit cette décision, en rejetant "les prétextes fallacieux, voire absurdes, qui la sous-tendent". "Le Maroc regrette cette décision complètement injustifiée mais attendue - au regard de la logique d'escalade constatée ces dernières semaines", indique un communiqué.

Fin juillet, le roi Mohamed VI avait déploré les "tensions" avec l'Algérie, invitant le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, "à faire prévaloir la sagesse" et "œuvrer à l'unisson au développement des rapports" entre les deux pays.

La présidence algérienne avait annoncé, le 18 août dernier, vouloir "revoir" ses relations avec Rabat, l'accusant d'être impliqué dans les incendies meurtriers qui ont ravagé le nord du pays et fait au moins 90 morts.

Menaces israéliennes

Cette annonce intervient par ailleurs alors que les relations entre les deux pays s'étaient dégradées ces dernières semaines, notamment en raison de l'épineux dossier du Sahara occidental.

La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, en contrepartie d'une reconnaissance américaine de la "souveraineté" marocaine sur ce territoire, a encore avivé les tensions avec l'Algérie, soutien de la cause palestinienne.

Alger a ainsi fustigé des propos du chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, qui a exprimé, lors d'une visite officielle le 12 août à Casablanca, ses "inquiétudes au sujet du rôle joué par l'Algérie dans la région, son rapprochement avec l'Iran et la campagne qu'elle a menée contre l'admission d'Israël en tant que membre observateur de l'Union africaine (UA)".

"Des accusations insensées et des menaces à peine voilées", selon Ramtane Lamamra.

Les liens diplomatiques avaient été rompus une première fois entre les deux pays quand, le 7 mars 1976, Rabat mettait fin à ses relations avec Alger, qui avait reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD), autoproclamée par les indépendantistes du Front Polisario.

L'indépendance de la Kabylie au cœur des tensions

"La provocation marocaine a atteint son paroxysme lorsqu'un délégué du Maroc aux Nations unies a appelé à l'indépendance du peuple de la région de Kabylie", a encore dit mardi Ramtane Lamamra, une démarche qu'il a qualifiée de "dangereuse et irresponsable".

Durant une réunion du Mouvement des non-alignés, les 13 et 14 juillet à New York, l'ambassadeur du Maroc à l'ONU, Omar Hilale, avait fait passer une note dans laquelle il estimait que "le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l'autodétermination". Une ligne rouge pour Alger qui s'oppose à toute velléité indépendantiste de la Kabylie, région berbérophone du nord-est de l'Algérie.

Le diplomate marocain avait exprimé son soutien au séparatisme kabyle, en réaction à l'appui apporté par Alger aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario qui combattent le Maroc.

Avec AFP

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