L'alcool ne fait pas bon ménage avec la chasse, c'est la science qui le dit

Selon le rapport des sénateurs, 9% des décès et incidents graves sont imputables à l'ébriété d'un chasseur. | Jamie Street via Unsplash
Selon le rapport des sénateurs, 9% des décès et incidents graves sont imputables à l'ébriété d'un chasseur. | Jamie Street via Unsplash

Le Sénat vient de publier un rapport d'information proposant «d'interdire l'alcool et les stupéfiants lors de la chasse» et de prendre des mesures similaires à celles appliquées pour la conduite. Cette idée a été fustigée par le président de la Fédération nationale des chasseurs Willly Schraen, lequel n'a pas manqué de rétorquer qu'«un mec bourré sur un vélo, c'est dangereux aussi», oubliant que les règles qui s'appliquent aux automobilistes en matière d'ébriété valent aussi pour les cyclistes.

L'argument véhément du patron de la chasse française ne semble pas résister à la comparaison internationale, quand dans d'autres pays, les organisations de chasseurs recommandent l'abstention d'alcool. Prenons le site officiel d'une agence américaine d'éducation à la chasse: il y est rappelé que «consommer de l'alcool avant ou pendant la chasse augmente les risques d'accident en affectant la coordination, l'audition, la vision, la communication et le jugement».

Cette préconisation de bon sens n'est pas superflue, puisque l'alcool semble faire encore partie du monde cynégétique, en France comme à l'étranger.

Aux États-Unis, un loisir souvent pratiqué en état d'ivresse

Ainsi, aux États-Unis (où la consommation d'alcool moyenne est de 20% inférieure à la nôtre dans la population générale), une récente enquête menée sur un échantillon représentatif de 2.349 jeunes adultes indiquait que 23% des chasseurs de sexe masculin avaient déjà pratiqué leur loisir en état d'ivresse.

Et en France? Malgré l'absence de données chiffrées, le rapport sénatorial se hasarde à parler d'une «petite minorité» de personnes qui chasseraient en étant ivres. Concernant les décès et incidents graves, les sénateurs sont plus précis: 9% d'entre eux sont imputables à l'ébriété d'un chasseur.

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