Dans l'Ain, les gendarmes s'inspirent de l'armée pour mieux protéger la population

Gilets pare-balles sur le dos et fusils d'assaut à la main, ils "neutralisent" un forcené armé dans une foire et évitent un carnage: au camp militaire de La Valbonne (Ain), des gendarmes testent des techniques de combat de l'armée pour mieux protéger le public.

Depuis trois jours, une vingtaine d'hommes du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) d'Ambérieu-en-Bugey s'entraînent sur le site du 68e régiment d’artillerie d'Afrique, au nord de Lyon, dont les opérations au Mali (Barkhane), en Irak ou en Syrie (Chammal) ont fait la renommée.

Par petits groupes, les stagiaires multiplient sous une chaleur accablante les exercices de leurs instructeurs militaires: déplacements tactiques, tirs à blanc en combat rapproché, secours aux blessés sous le feu ou maîtrise du ou des agresseurs.

Les simulations proposent des situations tout aussi dangereuses pour les gendarmes que pour le public: l'irruption d'un individu armé dans une foire ou des assaillants retranchés dans une zone industrielle. Après la pratique, un débriefing est systématiquement réalisé.

"C'est un plus puisque cela nous réapprend les actes réflexes du combattant que l'on voit en école. Cela nous permet d'améliorer la cohésion au sein du groupe et surtout d'avoir le côté offensif de l'armée de terre", déclare à l'AFP l'un des participants, le gendarme Anthony, âgé d'une vingtaine d'années.

Initié localement, l'accueil de ces gendarmes par l'armée de terre s'inscrit dans le cadre plus général d'un accord de coopération signé en mai 2018 et qui s'est renforcé après la mort de trois gendarmes d'Ambert (Puy-de-Dôme), abattus par un forcené en décembre 2020.

Cette coopération s'ajoute notamment à celle du plan gouvernemental Vigipirate, plus connu du grand public et devenu en 2015 l'opération Sentinelle.

"Quand on est face à quelqu'un qui vous tire dessus, il n'y a quand même pas 156 solutions pour essayer de se protéger et neutraliser la personne pour éviter qu'elle ne tue quelqu'un", estime le directeur général de la gendarmerie nationale Christian Rodriguez, venu assister jeudi à l'entraînement du PSIG aindinois à La Valbonne.

"Cela paraît logique de s'inspirer de ceux qui sont en avance dans ce domaine-là", ajoute le général d'armée.

A terme, 300 Psig doivent être formés par l'armée de terre contre une centaine aujourd'hui, selon la gendarmerie.

dfa/mb/or

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