Publicité

L'aide à l'Ukraine avance au Sénat américain, mais des embûches l'attendent

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) flanqué du chef de la majorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer (au second plan), et du chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, après une réunion au Congrès à Washington, le 12 décembre 2023 (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) flanqué du chef de la majorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer (au second plan), et du chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, après une réunion au Congrès à Washington, le 12 décembre 2023 (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS)

Le Sénat américain a fait dimanche un pas crucial pour l'adoption d'une nouvelle aide colossale à l'Ukraine, mais l'octroi de cette enveloppe attendue avec fébrilité à Kiev risque de se heurter à un refus catégorique des républicains trumpistes de l'autre chambre du Congrès.

Le texte prévoit notamment 60 milliards pour l'Ukraine - qui se bat contre une invasion russe depuis février 2022 - et 14 milliards pour Israël contre le Hamas.

En rassemblant 67 votes pour ce vote de procédure, le Sénat indique qu'il a les voix nécessaires à l'approbation ultérieure de cette enveloppe.

La date du prochain vote à la chambre haute n'est pas encore connue, mais il pourrait se tenir en début de semaine. A la Chambre des représentants, la mesure fera face à la rude opposition d'élus républicains de l'aile droite.

L'enveloppe inclut aussi des fonds pour un allié stratégique des Etats-Unis, Taïwan.

La part du lion reviendrait cependant à l'Ukraine et l'aiderait à reconstituer ses stocks de munitions, d'armes et d'autres besoins essentiels, alors que le pays entre dans une troisième année de guerre.

"L'Ukraine est dangereusement à court de réserves. Si l'Amérique n'envoie pas d'aide à l'Ukraine avec ce projet de loi sur la sécurité nationale, (le président russe Vladimir) Poutine a toutes les chances de réussir", avait averti avant le vote le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

L'élu a souligné le fait rare que le vote se tienne un dimanche de Super Bowl, la très suivie grand-messe du football américain.

- Embûches -

"Aujourd'hui, il n'est pas exagéré de dire que les yeux du monde sont tournés vers le Sénat américain", a de son côté lancé le chef de file des républicains à la chambre haute, Mitch McConnell.

"Nous n'avons pas doté les courageux peuples d'Ukraine, d'Israël ou de Taïwan d'équipement létal dans le but de remporter des distinctions philanthropiques (...). Nous le faisons parce que c'est dans notre propre intérêt", a-t-il ajouté.

Deux ans après le début de l'invasion russe, les élus des Etats-Unis, principal soutien militaire à l'Ukraine, ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la validation de nouveaux fonds.

Les démocrates sont, dans l'immense majorité, pour.

Les républicains, eux, sont divisés entre faucons interventionnistes, pro-Ukraine, et lieutenants de Donald Trump, bien plus isolationnistes.

Ces derniers critiquent vivement la poursuite de l'aide américaine à l'Ukraine, affirmant notamment que leur pays ne devrait pas continuer à débourser des dizaines de milliards de dollars tant que la frontière des Etats-Unis avec le Mexique ne sera pas "sécurisée".

Mais alors que le projet de loi comprenait initialement une réforme de la politique migratoire, celle-ci a été retirée du texte ayant passé cette étape cruciale dimanche.

Le processus reste cependant semé d'embûches pour cette enveloppe.

En pleine campagne présidentielle, l'équation s'est transformée en bras de fer à distance entre le président démocrate Joe Biden, qui réclame de toute urgence ces nouveaux fonds, et son prédécesseur Donald Trump, qui assure que s'il était réélu en novembre, il réglerait la guerre entre la Russie et l'Ukraine "en 24 heures" -- sans expliquer comment.

Même sans mandat, l'ancien président a récemment réussi à torpiller la conclusion au Congrès d'un compromis sur l'enveloppe à l'Ukraine.

Et samedi, il a menacé, en cas de retour à la Maison Blanche, de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan face à la Russie si ceux-ci ne payaient pas leur part, affirmant même qu'il "encouragerait" Moscou à s'en prendre à eux.

Joe Biden a qualifié dimanche ses propos d'"affligeants et dangereux".

bur-iba/rle