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Procès de l'achat frauduleux du château de La Rochepot: le principal suspect absent

Le château de La Rochepot, le 8 octobre 2021 en Côte d'Or (JEFF PACHOUD)
Le château de La Rochepot, le 8 octobre 2021 en Côte d'Or (JEFF PACHOUD)

Le procès en appel du rachat du château de La Rochepot, joyau de la Bourgogne viticole, s'est ouvert lundi à Nancy en l'absence du principal suspect, l'Ukrainien Dmitri Malinovsky, condamné en première instance dans ce dossier de blanchiment et d'abus de biens sociaux.

En première instance, en 2022, sept prévenus au total, dont quatre Ukrainiens, avaient été entendus pour faire la lumière sur l'origine des fonds utilisés pour l'achat en 2015 de la forteresse néo-gothique du XIIe siècle.

En appel, ils ne sont plus que trois à comparaître : M. Malinovsky, son ancien chauffeur devenu à partir de 2016 gérant du château, le Moldave Alexandru Arman, et l'ex-maîtresse de M. Malinovsky, l'Ukrainienne Olga Kalina.

A l'ouverture des débats, M. Malinovsky, qui comparaît libre, était absent, apparemment "souffrant", a expliqué son avocat Me Benoît Diry.

L'Ukrainien né en 1982 fait l'objet d'un contrôle judiciaire extraditionnel : il réside à Nancy où il doit pointer dans un commissariat deux fois par semaine.

En première instance, il avait été condamné à 4 ans et demi d'emprisonnement dont six mois avec sursis, ainsi qu'à 100.000 euros d'amende, pour blanchiment d'argent, usage de faux, détention d'armes et travail dissimulé.

Son ancienne maîtresse, née en 1981, avait écopé de deux ans d'emprisonnement avec sursis.

Relaxé du chef de travail dissimulé et de complicité de blanchiment, Alexandru Arman, également né en 1982, avait été condamné pour abus de biens sociaux à 6 mois de prison, dont 4 avec sursis ainsi qu'une interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans.

Ces deux derniers ont été entendus lundi sur les faits.

Poursuivie pour blanchiment en bande organisée, la riche héritière ukrainienne est poussée dans ses retranchements par le président Pascal Bridey qui la questionne sur ce qu'elle savait de la situation de Malinovsky. Celui-ci s'était fait passer pour mort en Ukraine et vivait en France "sous de fausses identités".

Alexandru Arman n'a fait appel que du volet civil: le Moldave est toujours tenu solidairement avec son ancien patron à 120.000 euros de dommages et intérêts. Une charge "injuste" qu'il "risque de devoir supporter seul", a pointé son avocat Me Jean-Philippe Morel, l'Ukrainien n'ayant pas d'avoirs en France.

Le château de La Rochepot, un village de 300 habitants en Côte-d'Or, avait été racheté en 2015 après être resté en vente durant trois ans.

Les nouveaux acquéreurs avaient assuré qu'ils respecteraient les lieux, condition posée par la précédente propriétaire, descendante du président de la République Sadi Carnot.

Mais ils étaient restés très discrets, jusqu'en décembre 2017, quand le quotidien local Le Bien Public avait révélé que les artisans engagés pour la rénovation n'avaient jamais été payés. La justice avait alors été saisie.

Le château a par la suite été saisi en 2018 et vidé, au grand dam des habitants de La Rochepot qui voyaient défiler 30.000 touristes par an pour le visiter.

Le procès doit durer jusqu'à mercredi.

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