Comment Lafarge s’est pris les pieds dans le ciment

Libération.fr

Après une fusion mal menée avec le groupe suisse Holcim et le scandale de ses activités illégales en Syrie, l’un des fleurons industriels français traverse une crise sans précédent.

Sous les pavés, il n’y a même plus la plage… La décision de la ville de Paris, à la fin du mois de mars, est venue comme une forme d’estocade pour le groupe Lafarge. La mairie ne fera plus appel au cimentier pour lui fournir les 3 500 tonnes de sable nécessaires à l’opération estivale Paris Plages. Le deal durait pourtant depuis près de quinze ans. Cette mise à l’écart n’est cependant qu’une toute petite avanie au regard de la descente aux enfers opérée par le groupe Lafarge en moins de trois ans. Le cimentier français, bon élève du capitalisme hexagonal, a visiblement coché toutes les mauvaises cases. Une fusion qui lui coûte son identité, un cours de Bourse qui se traîne, de forts soupçons de collaboration avec l’Etat islamique, des critiques acerbes, un soutien au mur anti-immigration de Donald Trump et, pour finir, une valse des dirigeants.

Acte I Une entreprise prospère

Jusqu’au début des années 2000, Lafarge fait figure de valeur sûre de l’establishment industriel français. Créée en 1833, elle véhicule à la fois une image de performance économique et de politique sociale généreuse. A seize ans d’écart, deux de ses PDG ont reçu le prix du «manager de l’année», décerné par l’hebdomadaire le Nouvel Economiste. Bien qu’un peu paternaliste, l’entreprise ne tourne pas le dos à la mondialisation. Le ciment et le béton sont des matières qui ne voyagent pas. Il faut les produire à proximité des marchés, d’où la nécessité d’avoir des usines partout dans le monde. Coup sur coup, en 1997 et en 2001, Lafarge rachète deux de ses concurrents, les britanniques Redland et Blue Circle. Pour cette dernière transaction, il débourse 7, 4 milliards d’euros. Six ans plus tard, il s’offre le leader égyptien Orascom, détenu par le milliardaire Nassef Sawiris. Le prix à payer est un peu élevé : 8 milliards (...)

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