Lady Gaga, le dalaï-lama et la main de fer de Pékin

PHOTO CHRIS BERGIN/REUTERS

“Tous les médias doivent immédiatement arrêter la diffusion et la mise en ligne de toutes les œuvres de Lady Gaga. Il faut clairement lutter contre les forces séparatistes tibétaines, suivre les reportages et les éditoriaux de CCTV (télévision centrale de la Chine), de Huanqiu Shibao, du Quotidien du peuple. Selon le Apple Daily de Hong Kong, les journalistes chinois ont reçu cet ordre d’interdiction, diffusé par le Bureau de la propagande de la Chine, et l’Administration générale de la Radio, du Film et de la Télévision. Cette sanction du pouvoir chinois, est tombée le lendemain de la rencontre entre le dalaï-lama et la chanteuse américaine.

Le 26 juin, lors d’une conférence à Indianapolis aux Etats-Unis, qui réunissait des maires et des responsables politiques, Lady Gaga s’est entretenue une vingtaine de minutes avec le chef religieux tibétain. Ce dialogue, en diffusion directe sur les réseaux sociaux, ne pourtant mentionne pas la question du Tibet, et se concentre sur comment retrouver la paix en soi, et comment résoudre le manque de confiance chez les jeunes.

Le gouvernement contrôle la totalité de l’éducation

Un grand nombre d’internautes chinois sont allés sur Facebook – pourtant bloqué en Chine – pour laisser de violentes critiques sur la page de la chanteuse. “La conversation entre Lady Gaga et le dalaï-lama n’est pas politique, mais elle a loué le dalaï-lama, ce qui est inacceptable pour les Chinois. Des internautes chinois l’attaquent sur son Facebook, c’est une réaction complètement spontanée”, défend le Huanqiu Shibao, journal réputé nationaliste.

Pour Chang Ping, journaliste renommé exilé en Allemagne, “ces internautes chinois ne connaissent pas le dalaï-lama, ni Lady Gaga. Autrement dit, ils ne s’intéressent ni à qui menace vraiment la paix dans le monde, ni aux questions qui intéressent la chanteuse”.

Dans son éditorial publié dans la Deutsche Welle, Chang Ping rappelle que “le gouvernement contrôle la totalité de l’éducation, des publications et des médias. Il sort chaque jour différentes instructions pour orienter l’opinion publique, ainsi que des listes d’innombrables interdictions de livres, de sites, de chansons, d’auteurs, de chanteurs et de défenseurs des droits de l’homme”. Cette fois, c’est au tour de Lady Gaga d’être dans le viseur de Pékin.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles