Lactalis: les dates clés de l'affaire du lait contaminé

Olivier THIBAULT
L'usine Lactalis à Craon en décembre 2017

Paris (AFP) - L'affaire du lait infantile Lactalis, sur laquelle la commission d'enquête parlementaire rend mercredi ses conclusions, a éclaté en décembre.

Rappel des principales dates de l'affaire, des premiers rappels de lots contaminés par des salmonelles en décembre, à l'audition du patron Emmanuel Besnier, en juin, par les parlementaires:

- 2 décembre 2017: premier rappel -

Premier rappel de lots de boîtes de lait infantile fabriqué par Lactalis dans son usine de Craon (Mayenne) après la contamination de 20 bébés par des salmonelles.

- 10 décembre: retrait massif -

Retrait massif des laits infantiles fabriqués à Craon après cinq nouveaux cas de salmonellose. Lactalis assure avoir détecté la "cause probable" de la contamination. Le ministère de la Santé exige des "mesures correctives" avant toute reprise de production sur le site à l'arrêt depuis le 8 décembre.

- 18 décembre: premières plaintes -

Une première plainte contre Lactalis est déposée par le père d'un bébé pour "mise en danger de la vie d'autrui". L'association UFC Que Choisir porte également plainte pour tromperie.

L'autorité sanitaire Santé Publique France identifie 31 nourrissons victimes de salmonellose entre août et décembre 2017 après consommation de produits Lactalis. Tous ces bébés se sont ensuite rétablis.

- 21 décembre: rappel étendu -

La liste des lots retirés s'allonge: Lactalis rappelle tous les produits infantiles fabriqués à Craon depuis le 15 février 2017. La contamination dans l'usine s'explique par des "travaux réalisés courant 1er semestre 2017", selon l'entreprise. Mais le site avait déjà subi une contamination à la salmonelle en 2005.

- 22 décembre: ouverture d'une enquête -

Le parquet de Paris ouvre une enquête pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine" et "inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit" préjudiciable à la santé. Cinq sites de Lactalis, dont le siège et l'usine de Craon, sont perquisitionnés le 17 janvier.

- 3 janvier 2018: contrôle mis en cause -

Le Canard Enchaîné affirme qu'un contrôle sanitaire de l'usine de Craon n'avait rien détecté en septembre 2017. Le ministère de l'Agriculture se défend: l'inspection ne portait pas sur le lait en poudre.

- 9-10 janvier: failles dans les rappels -

Les enseignes Leclerc, Auchan, Système U, Carrefour et Casino reconnaissent avoir continué à vendre du lait infantile de Lactalis malgré les rappels.

Convoquée par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, la grande distribution s'engage à mettre en place un contrôle plus rigoureux en cas de rappel de produits.

- 12 janvier: centaines de plaintes -

Le scandale Lactalis s'étend hors de France avec un bébé espagnol victime des salmonelles de l'usine de Craon. Une association annonce des "centaines" de plaintes de parents en France contre le groupe.

Deux jours plus tard, le très secret PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, sort de son silence: dans le Journal du Dimanche, il promet d'indemniser les familles de victimes.

- 24 janvier: enquête parlementaire -

Une commission d'enquête parlementaire est instaurée. Le groupe familial non coté en bourse s'engage à plus de transparence.

- 1er février: deux épidémies révélées -

Selon l'Institut Pasteur, le lait infantile produit à Craon est à l'origine de deux épidémies de salmonellose, l'une en 2005 avec 146 bébés touchés et l'autre en 2017 avec 37 cas.

- 14 février: nouvelle salve de plaintes -

Nouvelle salve de plaintes de la part d'une trentaine de familles et de l'association de consommateurs Foodwatch.

- 15 mars: les leçons des sénateurs -

Les sénateurs tirent les leçons de l'affaire avec 17 propositions pour améliorer les contrôles sanitaires et procédures de retrait de produits.

- 7 juin: le PDG plaide l'accident -

Entendu par les députés, Emmanuel Besnier plaide "l'accident" industriel sans "responsabilité de personnes à l'intérieur de l'usine" et se défend de toute opacité.

La commission d'enquête parlementaire rend ses conclusions le mercredi 18 juillet.