L'acquisition de Vauxhall met PSA face à l'incertitude du Brexit

Julie CHABANAS
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Carlos Tavares, PDG de PSA, le 6 mars 2017 à Paris

Paris (AFP) - Le groupe PSA, qui compte désormais dans son portefeuille la marque allemande Opel et sa jumelle britannique Vauxhall rachetées à General Motors, va devoir composer avec l'incertitude liée au Brexit.

"Le Brexit est intéressant parce que personne ne sait comment cela va se dérouler", a estimé lundi le patron de PSA, Carlos Tavares.

Brexit dur ou Brexit plus "doux", le scénario ne sera pas le même pour le groupe automobile français, qui vient d'acquérir Vauxhall, marque sous laquelle les véhicules Opel sont vendus outre-Manche.

"Si ce n'est pas un Brexit dur, tout le monde sera content car le marché sera en meilleure forme et tout le monde en tirera avantage", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

La situation sera alors centrée sur la "performance" qui doit permettre à PSA d'être "concurrentiel", et cela pourrait constituer "une opportunité qui pourrait être renforcée par la faiblesse de la livre sterling, ce qui aurait un impact sur le marché local, comme c'est le cas actuellement".

Dans le cas d'un Brexit dur, "peut-être qu'en terme de stratégie, ça sera une bonne opportunité de pouvoir s'approvisionner depuis le Royaume-Uni afin d'avoir une structure coûts en livres sterling plutôt qu'en euros", a-t-il avancé.

"Si c'est un Brexit dur, il va falloir développer la base fournisseurs, et je crois que c'est quelque chose que le gouvernement britannique comprend très bien parce que c'est dans notre intérêt d'avoir des usines au Royaume-Uni avec cette structure coûts en livres sterling", a-t-il ajouté.

Vauxhall emploie 5.000 personnes au Royaume-Uni, principalement dans ses deux usines.

- Le Brexit accusé -

La PDG de General Motors, Mary Barra, a accusé le Brexit et la dévaluation de la livre sterling d'être la cause des 257 millions de dollars de pertes enregistrés par GM Europe en 2016, alors que le groupe tablait sur un retour dans le vert.

Pour la patronne du groupe américain, les résultats financiers de la filiale européenne "se sont améliorés de façon spectaculaire" ces dernières années et il est "évident que l'équipe (de GM Europe) aurait atteint l'objectif d'un équilibre financier en 2016 s'il n'y avait pas eu le Brexit".

Depuis 1999, Opel et Vauxhall ne gagnent plus d'argent. Le Royaume-Uni est le plus gros débouché des modèles Insignia et Corsa, commercialisés dans ce pays sous la marque Vauxhall.

Un porte-parole de Downing Street a réagi lundi, indiquant que les discussions entre Londres et PSA n'ont, à sa connaissance, pas fait état du souhait du groupe français de conserver une usine au Royaume-Uni dans le cas d'un Brexit dur, pour se protéger de taxes éventuelles.

"Le groupe lui-même a dit ce matin (lundi) que le Brexit n'est pas le moteur principal de sa décision", a commenté ce porte-parole.

Pour Len McClusky, secrétaire général de Unite, principal syndicat britannique, "le gouvernement a également un rôle à jouer. L'incertitude causée par le Brexit nuit au secteur automobile britannique".

L'an dernier, quelque 1,72 million de voitures ont été assemblées au Royaume-Uni, soit 8,5% de plus qu'en 2015, et 8 sur 10 ont été exportées. Parmi ces véhicules exportés, 56% l'ont été vers d'autres pays de l'Union européenne.

La Première ministre britannique, Theresa May, compte toujours déclencher le Brexit avant fin mars. Les Britannique avait voté à 52% pour quitter l'UE le 23 juin 2016.

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