Lacq, plus grand gisement de gaz français, se met à l'heure verte

Ce fut pendant 60 ans le plus grand gisement de gaz naturel exploité en France : au pied des Pyrénées, le site industriel de Lacq mise désormais sur les énergies renouvelables, un verdissement accéléré qui ne convainc pas les associations environnementales.

Si le gaz n'est plus exploité commercialement, il est toujours extrait pour un usage industriel : la société Arkéma, plus gros pourvoyeur d'emplois du bassin industriel avec quelque 750 salariés, exploite du sulfure d'hydrogène (H2S), hautement toxique et corrosif. Le reste, du gaz "épuré", sert à alimenter en énergie des sites locaux. Le pic de production du gisement, exploité de 1951 à 2013, a été atteint en 1982. Depuis 2010, la source s'épuise doucement. "On visait les années 2060 pour la fin, mais aujourd'hui on sait qu'on pourra aller un peu plus loin parce que l'on tire un filet gazier moins important que prévu", explique Patrice Bernos, directeur général du groupement d'intérêt public ChemParc, voué au développement du complexe.

Dérogation

Lacq a bénéficié d'une dérogation à la loi qui a mis fin, en 2017, à la recherche et l'exploitation des hydrocarbures en France. Au plus fort de l'exploitation, 8.500 salariés dépendaient directement du gisement. Ils sont encore 7.500 aujourd'hui, soit 24% de l'emploi local. Patrice Laurent, maire (DVG) de Mourenx et président de la communauté de communes de Lacq-Orthez, milite pour l'exploitation de cette poche de gaz dans un contexte de crise énergétique mondiale. "On ne pourra pas se passer des énergies carbonées du jour au lendemain. Là, elle est sous nos pieds, il y a juste à la prendre et à s'en servir."

David Habib, député socialiste de la circonscription, à Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques le 22 novembre 2013 (AFP/Archives - JEAN-PIERRE MULLER)
David Habib, député socialiste de la circonscription, à Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques le 22 novembre 2013 (AFP/Archives - JEAN-PIERRE MULLER)

Lacq, "territoire pionnier", doit séduire de nouveaux arrivants, abonde David Habib, député socialiste de la circonscription. En septembre, les élus ont ainsi annoncé que la société lyonnaise Elyse Energy allait investir 350 millions d'euros dans un site de fabrication de méthanol "vert", qui récupérera le CO2 émis par les industries locales, avec 110 emplois créés sur le papier. "On apporte une solution aux émetteurs et on se concentre sur (...) le carbone inévitable, s[...]

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