Un couple de touristes et ses enfants disparus dans le Verdon

L'inquiétude grandissait vendredi soir après la disparition d'un couple de touristes français et de leurs deux enfants, partis faire du canoë jeudi après-midi sur le lac de Sainte-Croix, dans le Verdon, et dont l'embarcation a été retrouvée vide.

Les recherches ont été suspendues vers 20H30 et reprendront samedi matin à 9H, avec des moyens identiques, selon la gendarmerie.

C'est le loueur du canoë, plage du Galetas à Aiguines (Var), qui a donné l'alerte jeudi vers 21H en ne les voyant pas revenir. Les parents âgés d'une quarantaine d'années, et leurs enfants, qui auraient de 8 à 12 ans, avaient emprunté le bateau "vers 16H40 pour une petite promenade de trois heures, 5,4 km aller-retour", a précisé le responsable de l'entreprise.

Or ce canoë de quatre mètres, à double coque, insubmersible et supportant une charge de 320 kg, a été découvert vers 15H vendredi "aux trois-quarts immergé, dans une zone où la navigation est interdite", sans pagaie ni gilet à bord, a annoncé à l'AFP le sous-préfet du Var Emmanuel Dupuis.

La piste d'"un abandon ou d'un vol du canoë", qui avait été évoquée dans un premier temps, semble donc écartée, a-t-il souligné, estimant que ces "derniers éléments sont beaucoup plus inquiétants".

La remontée des gorges de la rivière Verdon, dont le canyon vertigineux fait une saignée entre les communes de Moustiers Sainte-Marie et Castellane, n'est pas autorisée au-delà d'une certaine limite, en raison de la présence de barrages hydroélectriques, limite que les vacanciers ont largement dépassée.

L'embarcation a ainsi été localisée à plus de "4 km du point de départ, à l'aplomb du belvédère de Mayreste", a indiqué Paul Rémy-Néris, capitaine de la compagnie de Draguignan en charge des recherches.

Il n'exclut pas que les vacanciers aient pu rejoindre un sentier de randonnée, dit "des pêcheurs", et ensuite être pris en charge par des automobilistes.

De couleur verte, le canoë numéro 65, recouvert d'une toile cirée, a été ramené en fin d'après-midi à la berge pour y être examiné par les gendarmes, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ni carte d'identité ni caution"

Un appel à témoins a été lancé par les parquets de Digne et de Draguignan, tous deux saisis de l'enquête ouverte pour "recherche des causes d'une disparition inquiétante", et d'importants moyens mobilisés.

Près d'une quarantaine de gendarmes ont été dépêchés sur les lieux, dont quatre plongeurs, un hélicoptère a survolé les gorges et enfin, un maître-chien pisteur a exploré le site pour dénicher traces et indices, aux abords de ce lac situé à la sortie des gorges du Verdon, à la frontière du Var et des Alpes-de-Haute-Provence.

Parallèlement, les enquêteurs entreprenaient un minutieux travail de fourmi, interrogeant responsables des centres de vacances, campings et gîtes dans cette région très touristique, pour tenter de trouver l'identité des vacanciers et savoir si des résidents ont été portés disparus.

La famille a seulement fourni "un prénom", ne laissant "ni carte d'identité ni caution", a expliqué à l'AFP la procureure de la République de Draguignan, Danielle Drouy-Ayral. "Nous ne disposons que d'éléments très succincts, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin".

Pour le capitaine Rémy-Néris, "il serait plus judicieux que les loueurs de canoë, demandent, ne serait-ce que par précaution la carte d'identité de leurs clients".

Le lac de Sainte-Croix, le plus vaste des lacs du Verdon, s'étend sur environ 10 km de long et 3 km de large, soit une superficie de 2.200 hectares.

Vendredi en fin d'après-midi, des vacanciers, intrigués par les rotations de l'hélicoptère, la présence de nombreux sauveteurs et l'affluence médiatique, s'interrogeaient sur les raisons de cette agitation, tandis que d'autres, imperturbables, profitaient de ce site somptueux et très fréquenté, environ 8.400 personnes, selon le loueur, voguant chaque jour sur ces eaux claires au bleu azur.

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