Un laboratoire volant pour l'avion à hydrogène

Airbus, associé à Safran et à General Electric, va développer un avion à propulsion à hydrogène qui permettrait de ne plus émettre aucun gaz à effet de serre. Ce laboratoire volant testera le stockage de ce carburant inédit mais aussi l'alimentation du réacteur.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°903, daté mai 2022.

Avec ce drôle de réacteur qui lui fait comme une excroissance sur le fuselage, nul doute que cet Airbus A380 attirera les regards. D'autant qu'il ne transportera pas des touristes, mais des ingénieurs chargés de tester grandeur nature l'avion à hydrogène. Le 22 février, Airbus a en effet annoncé la signature d'un partenariat avec deux motoristes, le français Safran et l'américain General Electric, associés au sein de la structure CFM International, afin de mettre au point un avion "démonstrateur" doté d'un réacteur à hydrogène, en plus de ses quatre réacteurs classiques au kérosène.

"Remplacer 400 millions de tonnes de kérosène en 2050"

L'engin devrait prendre son envol fin 2026 au plus tard. Pour Airbus, il s'agit d'accélérer la cadence vers une limitation des émissions de gaz à effet de serre, dans le sillage d'un rapport du Groupe d'action du transport aérien (ATAG), qui a fixé l'année dernière comme objectif la neutralité carbone de l'aviation en 2050. "C'est un défi considérable car cela veut dire remplacer 400 millions de tonnes de kérosène en 2050, explique Nicolas Jeuland, expert "carburant du futur" chez Safran. Heureusement, nous disposons de plusieurs voies pour y parvenir, à commencer par les économies d'énergie avec la mise au point de moteurs plus performants et plus sobres, des avions plus légers, l'optimisation des routes aériennes, la diminution des temps d'attente au-dessus des aéroports. Nous aurons aussi recours aux carburants neutres en carbone… La solution globale viendra d'une combinaison de tous ces leviers (lire encadré ci-dessous). L'hydrogène aura sa place, reste à préciser laquelle et c'est notamment l'objectif des tests qui seront effectués sur l'A380."

Mais le kérosène sera bien difficile à détrôner, comme le rappelle Nicolas Jeuland, passé par l'Institut français du pétrole : "Les avions consomment en réalité du 'jet fuel', du kérosène avec dif[...]

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