Le label « HVE » attaqué pour « greenwashing » par des associations

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ENVIRONNEMENT - Plusieurs associations demandent au Conseil d’État d’interdire le label agricole « haute valeur environnementale » (HVE), accusé de « greenwashing » et de tromperie du consommateur, dans un courrier diffusé ce lundi 23 janvier.

La requête au nom de sept associations de défense des consommateurs, de défense de l’environnement et de promotion de l’agriculture biologique « vise à l’annulation des dispositions réglementaires » mettant en œuvre la HVE. « Elle a été déposée vendredi », a indiqué à l’AFP Nadine Lauverjat, déléguée générale de l’ONG Générations futures.

Ce label, créé en 2012 par l’État français, doit garantir, selon le gouvernement, que les pratiques agricoles d’une exploitation « préservent l’écosystème naturel et réduisent au minimum la pression sur l’environnement (sol, eau, biodiversité...) ». Il suppose par exemple une « réduction » de l’utilisation de pesticides, qui ne sont donc pas interdits, à la différence de l’agriculture biologique.

Pas d’interdiction des pesticides dangereux

Ce label permet d’apposer un logo, sur lequel figure une ferme entourée de champs et d’arbres, surmontée d’un soleil et d’un papillon, qui apparaît régulièrement sur des bouteilles de vin ou des sachets de fruits et légumes. Mais il est régulièrement accusé par ses détracteurs de ne permettre qu’un verdissement de façade.

« Il n’interdit pas l’utilisation des pesticides les plus dangereux, pourtant officiellement reconnus comme nocifs pour la santé humaine », pointent les associations (Fédération nationale d’agriculture biologique, UFC-Que Choisir, SYNABIO, Générations futures, Bio consom’acteurs, Réseau environnement santé et Agir pour l’Environnement).

Elles dénoncent également « le caractère trompeur » du label, dans la mesure où « la promesse d’excellence environnementale sous-entendue par le nom du label et exigée dans la loi n’est toujours pas remplie par le nouveau référentiel ».

« Pour l’obtenir, même pas besoin de respecter des règles environnementales de base, selon la Politique agricole commune (PAC), comme le maintien des haies », souligne encore la Fédération nationale d’agriculture biologique dans Le Parisien.

Critères renforcés par Bruxelles

Les critères permettant aux exploitations agricoles d’accéder à la certification avaient été renforcés l’an dernier face aux critiques de Bruxelles, pour pouvoir continuer à bénéficier des subventions de la politique agricole commune européenne (PAC). Mais cela « n’a pas amélioré la situation », dénoncent les requérants.

« Il existe un modèle, certes perfectible, mais qui a l’une des plus hautes performances environnementales : ce modèle s’appelle l’agriculture biologique », soulignent-ils.

Contacté par Le Parisien, le ministère de l’Agriculture se défend : « Le référentiel n’exclut pas toutes les molécules. Toutes les CMR1 [type de substances chimiques], les plus dangereuses, sont interdites, mais on a dû laisser quelques CMR2, notamment pour les vergers ». De plus, ajoute-t-on rue de Varenne, « les viticulteurs nous disent en ce moment que nous avons mis la barre trop haut ».

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