Un label d’Etat indispensable au cœur d’un business juteux

Libération.fr

Impossible pour une école privée d’être attractive sans «titre RNCP», la certification du ministère du Travail. Pour contourner l’obstacle, un marché de la location de ce titre a émergé. Légal mais très contestable.

Elle s’appelle Adeline Schuld. Son métier : aider les écoles privées à monter leur dossier pour obtenir la reconnaissance du ministère du Travail. Dans le jargon, on parle de «titre RNCP» (Répertoire national des certifications professionnelles). A l’écouter, ce n’est pas une mince affaire. Comptez un délai d’un an dans le meilleur des cas, le temps de réunir les pièces nécessaires (200 pages environ) et qu’un inspecteur épluche le dossier. «C’est un peu comme attendre devant la justice, compare-t-elle, la commission qui attribue les titres est engorgée». L’an dernier, elle a examiné 738 candidatures (tous niveaux confondus du CAP à la formation continue). Soit 75 % de hausse en quatre ans… A effectif constant, elle compte «une petite vingtaine d’agents seulement», déplore son président, Georges Assaraf.

Gage de qualité

Parmi les preuves à apporter : démontrer un bon taux d’employabilité de trois promos d’élèves consécutives. Un gage de qualité donc. Les familles y sont très attachées, d’autant plus regardantes que les frais de scolarité coûtent un bras : autour de 6 000 euros l’année, parfois bien plus.

Bien sûr, il est parfois possible de suivre le cursus en alternance, quand le jeune parvient à trouver une entreprise. Le coût de la formation est alors pris en charge par un organisme collecteur des fonds de la formation professionnelle (l’OPCA). Mais là encore, le titre RNCP est indispensable. Car depuis quelques années, les OPCA ne financent que les diplômes reconnus par l’Etat. D’où l’enjeu, vital pour les écoles, d’obtenir un titre RNCP. «Pas de titre, pas d’étudiants», résume Adeline Schuld. Comment font celles qui n’ont pas les conditions requises pour l’obtenir ? Il existe une feinte. «En fait, il est possible de louer le titre», nous (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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