La victoire de Jovenel Moïse officiellement confirmée à Haïti

La victoire de l'homme d'affaires Jovenel Moïse à l'élection présidentielle haïtienne du 20 novembre a été confirmée officiellement mardi, après le rejet par le tribunal électoral des accusations de fraudes. Dans son discours de victoire, Jovenel Moïse a réitéré ses appels à lutter contre la corruption et a lancé un appel à l'unité nationale. /Photo prise le 3 janvier 2017/REUTERS/Jeanty Junior Augustin

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - La victoire de l'homme d'affaires Jovenel Moïse à l'élection présidentielle haïtienne du 20 novembre a été confirmée officiellement mardi, après le rejet par le tribunal électoral des accusations de fraudes.

Dans son discours de victoire, Jovenel Moïse a réitéré ses appels à lutter contre la corruption et a lancé un appel à l'unité nationale.

"Nous allons écrire une nouvelle page d'histoire, une page positive pour le pays, de sorte que les générations futures en soient fières", a-t-il dit sous les acclamations de ses partisans dans un hôtel chic de Pétion-Ville, banlieue aisée de la capitale Port-au-Prince.

"Aux électeurs qui avaient porté leurs suffrages sur un autre candidat, je tiens à dire que je respecte leur choix. Je serai le président de tous les Haïtiens", a-t-il continué.

A 48 ans, le candidat du Parti haïtien Tèt Kale ("Crânes rasés", PTHK), formation de l'ancien président Michel Martelly, a recueilli 55,6% des voix. Son plus proche rival, l'ingénieur Jude Célestin, de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (Lapeh), obtient 19,5%.

Distancés, le sénateur de gauche Moïse Jean-Charles (11%) et Maryse Narcisse (9%), du Fanmi Lavalas, avaient contesté ces résultats.

"Il n'y a pas eu de fraude massive lors de cette élection. Il y a eux des irrégularités qui n'ont pas affecté le processus électoral", a estimé mardi le tribunal électoral.

D'après la Constitution, le nouveau président devra prêter serment au plus tard le 7 février. Il succédera à Jocelerme Privert, qui assumait l'intérim de la présidence depuis la fin du mandat de Michel Martelly en février 2016.

Des fusillades nourries ont éclaté lundi à Port-au-Prince. De violentes manifestations avaient déjà eu lieu après la proclamation des résultats provisoires. Les adversaires de Jovenel Moïse ont dit à plusieurs reprises qu'ils n'accepteraient jamais la victoire du candidat du PTHK.

(Joseph Guyler Delva; Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français)