La Turquie pourrait revoir sa position sur l'UE, dit Erdogan

par Samia Nakhoul, Nick Tattersall et Orhan Coskun
Le président Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi que la Turquie reverrait sa position sur sa candidature à l'UE si elle doit encore patienter et si la mentalité hostile de certains Etats membres perdure à son égard. /Photo prise le 25 avril 2017/REUTERS/Umit Bektas

par Samia Nakhoul, Nick Tattersall et Orhan Coskun

ANKARA (Reuters) - Le président Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi que la Turquie reverrait sa position sur sa candidature à l'Union européenne si elle doit encore patienter et si la mentalité hostile de certains Etats membres perdure à son égard.

Il a fustigé une décision prise mardi par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui a ouvert une procédure de suivi sur la Turquie en raison des nombreuses violations de l'Etat de droit et des droits de l'homme constatées dans le pays.

Erdogan a qualifié cette décision, non reconnue par Ankara, de "totalement politique".

Le président turc s'est de nouveau dit prêt à soumettre à référendum la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE, ajoutant que son pays ne pourrait attendre indéfiniment, après 54 ans à la porte de l'Europe.

"S'ils n'agissent pas avec sincérité, nous devrons trouver une issue. Pourquoi voulez-vous qu'on attende plus longtemps? Ça fait 54 ans qu'on en parle", a déclaré Erdogan.

"Le Royaume-Uni a demandé à son peuple et il a choisi le Brexit (..) Ils ont l'esprit en paix, ils avancent vers un nouvel avenir (...) et la même chose peut s'appliquer aussi à la Turquie."

Evoquant les résultats du premier tour de l'élection présidentielle en France, et la qualification de Marine Le Pen, qui menace de sortir la France de l'UE, le chef de l'Etat turc a estimé que le bloc européen était "au bord de la dissolution".

"Un ou deux pays peuvent maintenir l'UE en vie. Vous avez besoin d'un pays comme la Turquie, un pays différent symbolisant une foi différente, cela rendrait (l'UE) très forte", a déclaré Erdogan. "Mais les pays membres de l'UE ne semblent pas s'en rendre compte. Ils trouvent très difficile d'absorber un pays musulman comme la Turquie.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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