L'armée US est dans Manbij, Ankara exclut une offensive dans la ville syrienne

À Manbij. La Turquie a exclu lundi toute offensive unilatérale sur la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie, où les rebelles arabo-kurdes déclarent bénéficier de la coalition internationale sous commandement américain, du fait d'une accentuation des "menaces turques" contre elle. /Photo d'archives/REUTERS/Rodi Said

WASHINGTON/ISTANBUL (Reuters) - L'armée américaine a déployé un petit nombre de militaires dans la ville syrienne de Manbij et aux alentours pour empêcher les affrontements entre les différentes parties en présence dans le secteur, a annoncé lundi un porte-parole du Pentagone.

Les forces américaines sont stationnées à l'intérieur de la ville et à l'ouest depuis la semaine dernière, a précisé le porte-parole du Pentagone, Jeff Davis. Leur but est d'être "un signe visible de dissuasion et réconfort", a-t-il indiqué.

Si les forces américaines ont eu des missions de conseil et d'entraînement à Manbij, c'est la première fois qu'elles sont déployées pour faire en sorte que les forces soutenues par la Turquie et celles soutenues par les Etats-Unis ne s'attaquent pas les unes les autres et se concentrent sur la lutte contre l'Etat islamique.

Manbij est à nouveau sous les feux de l'actualité depuis que la Turquie a déclaré qu'elle serait son prochain objectif, dans le cadre des opérations qu'elle mène dans le nord de la Syrie aux côtés de certains insurgés.

L'armée turque a lancé fin août son opération "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie pour chasser l'Etat islamique et contrer l'expansion territoriale des Kurdes syriens.

Dans une déclaration sur la chaîne A Haber, le Premier ministre turc Binali Yildirim a toutefois écarté toute campagne militaire contre Manbij sans concertation avec les Etats-Unis d'une part et la Russie de l'autre.

"(Sans coordination), Il n'y aura pas là-bas de grands résultats et les choses pourraient devenir plus compliquées", a déclaré le chef du gouvernement turc.

Le Conseil militaire de Manbij fait partie des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les Kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), considérées par Ankara comme une extension des séparatistes du PKK turc.

Le Conseil militaire de Manbij a confirmé que la coalition sous conduite américaine avait renforcé sa présence à Manbij ces derniers jours, après "l'accentuation des menaces turques visant à occuper la ville".

"Ils (les membres de la coalition) ont intensifié leurs patrouilles et acheminé d'autres véhicules blindés", a dit à Reuters le porte-parole du Conseil militaire de Manbij, Charfan Darouich. Des combats entre les insurgés pro-turcs et les défenseurs de Manbij se sont poursuivis lundi à l'ouest de la ville, a-t-il précisé.

Les combattants des YPG demeurent dans Manbij alors qu'ils avaient dit qu'ils s'en étaient retirés l'an dernier après la prise de la ville aux djihadistes de l'Etat islamique, dit Ankara.

"Nous, membres du Conseil militaire de Manbij, confirmons de nouveau que Manbij et ses environs sont sous la protection du Conseil militaire de Manbij et celle de la coalition internationale", a déclaré le Conseil dans un communiqué.

Après des affrontements avec des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, soutenue par la Turquie) la semaine dernière à l'ouest de Manbij, le conseil de la ville a annoncé un accord avec la Russie consistant à remettre à l'armée syrienne certains villages situés sur la ligne de front face aux forces pro-turques.

L'accord a été mis en oeuvre dans la soirée de lundi, les forces gouvernementales ayant remplacé les FDS sur une partie de la ligne de front, a déclaré le porte-parole du Conseil militaire de Manbij.

(Idress Ali et Phil Stewart à Washington; Tom Perry à Istanbul, avec Suleiman al Khalidi à Amman; Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages