La Russie oppose son veto à l'Onu à une résolution sur la Syrie

La Russie a comme prévu opposé son veto à l'adoption d'un texte présenté par les Etats-Unis, le Royaume-uni et la France pour faire avancer l'enquête sur l'attaque chimique du 4 avril en Syrie. /Photo prise le 12 avril 2017/REUTERS/Stephanie Keith

NATIONS UNIES (Reuters) - La Russie a comme prévu opposé son veto à l'adoption d'un texte présenté par les Etats-Unis, le Royaume-uni et la France pour faire avancer l'enquête sur l'attaque chimique du 4 avril en Syrie.

La Chine, qui a opposé son veto à six précédentes résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit, s'est cette fois abstenue, comme l'Ethiopie et le Kazakhstan.

Dix pays ont voté en faveur du texte, contrairement à la Russie et la Bolivie qui ont voté contre.

Dans un communiqué, l'Elysée a déploré la décision russe.

"La Russie prend une lourde responsabilité en s'opposant systématiquement, pour protéger son allié Assad, à un traitement multilatéral du dossier syrien", dit le communiqué.

"Seul le rassemblement de la communauté internationale en faveur d'une transition politique en Syrie permettra à ce pays martyr de retrouver la paix, la stabilité et la souveraineté. La France continuera à se mobiliser en ce sens."

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, avait auparavant prévenu la Russie qu'elle s'isolait en soutenant le régime surien de Bachar al Assad.

"A mes collègues russes : vous vous isolez de la communauté internationale à chaque fois qu'un avion d'Assad largue un autre baril explosif sur des civils et à chaque fois qu'Assad essaye d'affamer une communauté", a-t-elle déclaré lors d'une réunion tendue du conseil de sécurité.

Au cours de cette réunion, l'ambassadeur adjoint de la Russie, Vladimir Safronkov, a assuré les 15 membres du Conseil de sécurité qu'ils se trompaient en accusant Bachar al Assad.

"Je suis stupéfait par cette conclusion. Personne ne s'est rendu sur le site du crime. Comment savez vous cela ?".

Washington, Londres et Paris ont proposé un projet de résolution amendé, proche du texte présenté aux 15 membres du Conseil la semaine dernière, qui condamne l'attaque du 4 avril et demande au gouvernement syrien de coopérer à l'enquête.

Les puissances occidentales estiment qu'il s'agit d'une attaque au gaz sarin et qu'elle est imputable aux forces du président Bachar al Assad, ce que Damas dément.

Trois jours après l'attaque, qui a fait près de 90 morts, les Etats-Unis ont bombardé une base militaire au nord de Damas.

Une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) est sur place, dans le village de Khan Cheikhoune, zone de la province d'Idlib dans le nord-ouest de la Syrie, pour tenter d'établir les faits.

Si elle conclut que des armes chimiques ont été utilisées, une mission conjointe Onu-OIAC examinera l'affaire pour déterminer qui en est responsable.

Cette équipe a déjà découvert que les forces du gouvernement syrien étaient responsables de trois attaques au chlore en 2014 et 2015 et que l'Etat islamique avait pour sa part utilisé du gaz moutarde.

Au mois de février, la Russie, soutenue par la Chine, a opposé pour la septième fois son veto pour protéger le gouvernement syrien d'une action du Conseil de sécurité.

Il s'agissait en l'occurrence de bloquer une tentative des puissances occidentales d'imposer des sanctions sur des accusations d'attaques à l'arme chimique. La Chine a pour sa part mis son veto à six résolutions sur la Syrie.

(Michelle Nichols, avec Polina Devitt à Moscou,; Danielle Rouquié, Gilles Trequesser et Nicolas Delame pour le service français)

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