La Russie accuse les Américains de vouloir bombarder Damas

Des militaires russes et syriens à un point de contrôle en Syrie. La Russie a dit mardi avoir été informée que les Etats-Unis se préparaient à bombarder le quartier des ministères à Damas en invoquant un faux prétexte. Elle a promis de riposter en cas de menace contre ses soldats présents en Syrie. /Photo prise le 2 mars 2018/REUTERS/Omar Sanadiki

MOSCOU (Reuters) - La Russie a dit mardi avoir été informée que les Etats-Unis se préparaient à bombarder le quartier des ministères à Damas en invoquant un faux prétexte. Elle a promis de riposter en cas de menace contre ses soldats présents en Syrie.

Le chef de l'état-major des forces armées russes, Valéri Guerassimov, a déclaré que les rebelles de la Ghouta orientale s'apprêtaient à monter de toutes pièces une fausse attaque à l'arme chimique contre des civils pour en attribuer la responsabilité à l'armée syrienne.

Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, entendent utiliser ce faux prétexte pour bombarder le quartier des ministères de Damas où sont basés des ressortissants russes (conseillers militaires, membres de la police militaire, observateurs du cessez-le-feu).

"Dans l'éventualité d'une menace sur la vie de nos soldats, les forces armées russes prendront des mesures de représailles à la fois sur les missiles et sur leurs lanceurs", a averti Valéri Guerassimov.

Guerassimov et le chef d'état-major des armées américaines, le général Joseph Dunford, se sont entretenus au téléphone mardi et ont convenu de poursuivre les contacts bilatéraux.

Les Etats-Unis, qui ont mis en circulation un nouveau projet de résolution sur la Syrie aux Nations unies, ont haussé le ton lundi en se disant prêts à passer à l'action si le Conseil de sécurité de l'Onu est paralysé.

"Ce n'est pas la voie que nous préférons, mais c'est une voie que nous prendrons, ainsi que nous l'avons démontré, et que nous sommes prêts à reprendre", a prévenu l'ambassadrice américaine auprès de l'Onu, Nikki Haley, faisant allusion aux frappes de missiles ordonnées par Donald Trump sur une base de l'armée syrienne à la suite d'une attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoune en avril 2017.

Damas dément régulièrement l'utilisation d'armes chimiques.


(Katya Golubkova; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)