La Russie bloque les ports ukrainiens de la mer d'Azov

Deux ports ukrainiens sur la mer d'Azov, Berdiansk et Marioupol, sont de fait sous blocus russe, les navires ne pouvant ni en sortir ni y entrer, a déclaré jeudi le ministre ukrainien des Infrastructures, Volodimir Omelian, quatre jours après l'incident naval de dimanche dans le détroit de Kertch. /photo prise le 25 novembre 2018/REUTERS/Pavel Rebrov (Reuters)

KIEV (Reuters) - Deux ports ukrainiens sur la mer d'Azov, Berdiansk et Marioupol, sont de fait sous blocus russe, les navires ne pouvant ni en sortir ni y entrer, a déclaré jeudi le ministre ukrainien des Infrastructures, Volodimir Omelian, quatre jours après l'incident naval de dimanche dans le détroit de Kertch.

Au total, 35 bateaux sont empêchés actuellement d'opérer comme ils le souhaitaient et seuls les navires se rendant dans les ports russes de la mer d'Azov peuvent passer le détroit de Kertch, a dit le ministre sur Facebook.

"L'objectif est simple - en imposant un blocus aux ports ukrainiens de la mer d'Azov, la Russie espère que les Ukrainiens quitteront leur propre territoire - un territoire qui est nôtre en vertu de tout le droit international afférent", a-t-il dit.

Dix-huit navires attendent en mer Noire de pouvoir entrer en mer d'Azov, quatre devant gagner le port de Berdiansk et 14 autres celui de Marioupol. Neuf bâtiments attendent dans le même temps de pouvoir quitter la mer d'Azov.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti un peu plus tard les affirmations de Kiev, et a assuré que le trafic maritime se poursuivait sans entrave par le détroit de Kertch, même s'il pouvait y avoir des retards imputables au mauvais temps.

La Russie contrôle de fait le détroit de Kertch, qui relie la mer d'Azov et la mer Noire, et a inauguré en mai dernier un pont de 18 km de long reliant son territoire à la péninsule de Crimée, annexée en mars 2014 par Moscou.

Dimanche, la Russie a ouvert le feu et intercepté trois navires ukrainiens, faisant prisonniers leurs équipages, près de la péninsule de Crimée. Moscou accuse ces navires de provocation et d'entrée illégale dans les eaux russes, ce que Kiev réfute en invoquant un traité de 2003, russo-ukrainien, sur la navigation dans la région.

La saisie des trois navires a fait grimper la tension à son apogée depuis que les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine ont pris le contrôle en 2014 du Donbass. Kiev a instauré la loi martiale dans les régions proches de la ligne de front et le président ukrainien, Petro Porochenko, a dit craindre une invasion terrestre.

(Pavel Polityuk; Eric Faye pour le service français)