La ministre allemande de la Défense ébranlée par un scandale

Angela Merkel a affiché son soutien, mercredi, à sa ministre de la Défense, Ursula von der Leyen (photo), critiquée pour sa gestion d'un scandale lié à la présence de sympathisants d'extrême droite dans les rangs de l'armée, après l'arrestation d'un officier soupçonné d'avoir projeté un attentat à motivation raciste. /Photo prise le 3 mai 2017/REUTERS/Vincent Kessler

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a affiché son soutien, mercredi, à sa ministre de la Défense, critiquée pour sa gestion d'un scandale lié à la présence de sympathisants d'extrême droite dans les rangs de l'armée, après l'arrestation d'un officier soupçonné d'avoir projeté un attentat à motivation raciste.

Ursula von der Leyen a provoqué la colère des forces armées et de plusieurs responsables politiques en dénonçant au cours du week-end des "faiblesses de commandement" au sein de l'armée.

Le parquet fédéral enquête sur un lieutenant âgé de 28 ans, identifié seulement sous le prénom et l'initiale de Franco A., et un étudiant de 24 ans, soupçonnés de "préparer une grave attaque contre l'Etat". Les deux hommes partagent des idées xénophobes, ont indiqué les procureurs.

"La ministre de la Défense a le soutien total de la chancelière allemande et de l'ensemble du gouvernement pour mettre au jour toutes les facettes du dossier Franco A., dans la mesure où les forces armées sont concernées", a déclaré le porte-parole de la chancelière Steffan Seibert lors de son point de presse régulier.

Franco A. a été arrêté la semaine dernière après s'être faussement enregistré comme réfugié syrien en janvier 2016. Selon le Tagesspiegel, il avait une liste de cinq cibles possibles pour un attentat, dont le ministre de la Justice Heiko Maas et l'ancien président Joachim Gauck. Le journal Die Welt rapporte mercredi que sur la liste figuraient également des groupes représentatifs des religions juive et musulmane.

Von der Leyen, qui appartient à la CDU d'Angela Merkel, a salué le soutien de cette dernière mais prévenu qu'il faudrait probablement plusieurs mois avant d'aller au fond de cette affaire.

NERFS SOLIDES

La ministre de la Défense a jugé inacceptable que les idées clairement racistes du suspect n'aient pas fait l'objet d'une procédure disciplinaire de la part de ses supérieurs.

"Nous sommes au début d'une procédure qui nous coûtera probablement beaucoup d'énergie et réclamera des nerfs solides car des questions supplémentaires émergeront", a déclaré Ursula Von der Leyen lors d'une visite sur la base franco-allemande d'Illkirch, au sud de Strasbourg, où était stationné le lieutenant interpellé.

Des députés verts ont de leur côté réclamé des informations à Ursula von der Leyen sur l'existence d'un quelconque réseau d'extrême droite au sein de l'armée.

Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré qu'entre 2012 et 2016, 18 membres de l'armée avaient été démis, au moins temporairement, de leurs fonctions en raison d'opinions néo-nazies. Il a également déclaré que sur une plus longue période de temps, environ 280 cas suspects d'extrémisme de droite avaient été recensés.

Certains responsables socio-démocrates, partenaires de la coalition gouvernementale, ont critiqué l'attitude de la ministre, en particulier lorsqu'elle s'en est prise à au commandement. "Cela détruit la confiance", a déclaré le social-démocrate Rainer Arnold. La plupart des élus se sont cependant abstenus de réclamer sa démission.

(Madeline Chamber, Michelle Martin, Andrea Shalal, Sabine Siebold; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages