La Maison Blanche alertée en novembre sur un risque de "cataclysme"? Le Pentagone dément

La Maison Blanche aurait été alertée dès novembre sur les risques de l'épidémie de coronavirus (Donald Trump, Steve Mnuchin et Ivanka Trump le 7 avril à Washington) (Photo: Kevin Lamarque / Reuters)

INTERNATIONAL - Les autorités américaines, Donald Trump inclus, auraient reçu dès le mois de novembre de premières alertes des services de renseignements sur le coronavirus, qui était alors décrit comme “un évènement probablement cataclysmique”, a révélé la chaîne américaine ABCNews ce mercredi 8 avril. Des informations démenties par le Pentagone auprès d’autres journalistes.

Les premières alertes auraient été données par les services de renseignements médicaux rattachés au Pentagone, qui surveillent les risques sanitaires sur les territoires où l’armée américaine est engagée. 

“Les services de renseignements médicaux prennent en compte toutes les sources d’informations — les images, les renseignements humains, les signaux. Ensuite, il y a des analyses de personnes qui sont spécialistes de la zone”, explique à la chaîne ABC un ancien assistant du ministre de la Défense américain. 

Selon des sources proches du dossier, les conclusions des experts étaient sans appel: “Les analystes ont conclu que cela pourrait être un évènement digne d’un cataclysme”. 

Dès “fin novembre”, les risques encourus à cause de ce virus ont donc été remontés au plus haut niveau de l’administration américaine: du Pentagone à la Maison Blanche, avec au mois de janvier une note dans le dossier quotidien des renseignements transmis au président des États-Unis. 

La Chine donne l’alerte en décembre, Trump réagit en mars

Officiellement, Pékin a commencé à communiquer sur le coronavirus à partir du mois de décembre. Soit un mois après les premières remontées des renseignements américains, selon les sources interrogées par ABC. 

Interrogé sur le sujet, le secrétaire d’État américain à la Défense Mark Esper a cependant affirmé qu’il “ne se souvenait pas” d’avoir reçu d’alertes en novembre. “Comme vous le savez le premier patient aux États-Unis a été diagnostiqué fin janvier. Le 1er février nous avons activé notre plan spécial pandémie” au sein de l’armée, a-t-il expliqué. 

Dans le même temps, Donald Trump qualifiait encore le coronavirus de “canular” utilisé par les démocrates, minimisant ensuite régulièrement la pandémie et ses conséquences. Ce n’est qu’en mars que son discours a véritablement évolué, le président américain évoquant désormais le “fléau” du Covid-19.

Alors que certains États avaient déjà pris des mesures de confinement unilatérales, l’urgence nationale a été décrétée aux États-Unis le 13 mars, beaucoup trop tardivement de l’avis de certains, la cheffe des démocrates Nancy Pelosi en tête. Les États-Unis sont désormais le pays avec le plus de cas de coronavirus enregistrés, plus de 400.000. Plus de 14.000 personnes sont décédées. 

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