La France ne veut pas se séparer d'un rarissime Cimabue

L’histoire de ce petit tableau est en tout point extraordinaire. Découvert à Compiègne par un commissaire priseur dans la cuisine d’une veille dame à l’occasion d’un déménagement, cette peinture à l’œuf et fond d’or sur panneau de peuplier, s’est révélée être une œuvre unique sur le marché de l’art.

Une peinture rarissime du peintre majeur de la Renaissance italienne, Cimabue. Le "Christ moqué", c’est son nom, peint avant même que Notre dame de Paris ne voit le jour, constitue une pièce maîtresse du grand puzzle de l’histoire de l’art. Vendu fin octobre pour plus de 24 millions d'euros à un couple de collectionneurs chiliens, le tableau pourrait bien avoir quelques difficultés à quitter la France.

Rebondissements en série

Lundi, le ministère français de la culture a refusé son certificat d’exportation « à la suite de l’avis de la commission consultative des trésors nationaux ». A partir de la notification de cette décision à l’acheteur, l’Etat dispose d’une période de trente mois pour faire une offre d’achat. Le ministre de la culture Franck Riester espère que cette œuvre exceptionnelle puisse venir enrichir les collections nationales.

Autre rebondissement : la femme qui a vendu le tableau est décédée peu après la vente. Ses héritiers doivent désormais s’acquitter de 9 millions d’euros au titre des droits de succession, selon le commissaire priseur qui a mené la vente aux enchères. Des possibilités de conciliation sont toutefois prévues, si l’Etat ne parvenait pas à faire dans les délais une offre qui " tienne compte des prix pratiqués sur le marché international ".

Il semblerait bien que l’histoire extraordinaire de ce Cimabue ne fasse que commencer.