La France et l'Italie s'enlisent dans la crise diplomatique

La situation diplomatique entre la France et l'Italie semble s'enliser. Emmanuel Macron a rappelé il y a quelques jours que le Premier ministre Giuseppe Conte est son seul interlocuteur en Italie

Le président cherche à discréditer le rôle des deux vice-premiers ministres, Matteo Salvini et Luigi di Maio. D'abord pour leurs nombreuses attaques verbales contre la France et pour la rencontre du dernier avec des gilets jaunes.

"La France a fait depuis plusieurs mois l'objet d'accusations répétées, d'attaques sans fondement de la part de deux membres du gouvernement italien, M. Di Maio et M. Salvini, a dénoncé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Il y a un appel à voter contre le président, à soutenir le mouvement des gilets jaunes, à mettre en cause l'action de la France en Afrique. Et puis il y a eu la venue de M. Di Maio en France et quand un ministre d'un gouvernement étranger se rend en France, la bienséance, la courtoisie, la diplomatie la plus élémentaire veut qu'on prévienne le gouvernement et qu'on dise qu'on s'y rend."

La France a rappelé son ambassadeur à Rome

Malgré le rappel à titre consultatif jeudi de Christian Masset, l'ambassadeur français à Rome, Le gouvernement italien défend et maintient sa position.

"Le fait que Luigi Di Maio et le mouvement 5 étoiles, une force politique majeure en Italie, ont rencontré des représentants d'oppositions politiques en France n'est pas étrange et cela n'a pas vocation à mettre la pression sur le gouvernement français, a répondu Danilo Toninelli, ministre italien des Transports. Il est allié en Europe avec des partis politiques dans l'opposition en Italie, est-ce que c'est étrange ? Devons-nous dénoncer le fait qu'Emmanuel Macron est allié avec ces partis italiens d'opposition ?"

Un front européen d'extrême droite

Rome tente d'organiser un front européen d'extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef d'Etat français en vue du scrutin du 26 mai. Après le rappel de l'ambassadeur français, la presse italienne évoque aussi d'une crise "sans précédent"