La conférence d'Astana maintenue malgré l'appel de rebelles syriens

À Astana. Plusieurs délégations arrivent déjà à Astana pour de nouvelles discussions consacrées à la Syrie et la Russie, l'Iran et la Turquie ont confirmé leur participation en dépit de l'appel de groupes rebelles syriens en faveur d'un report, a annoncé lundi le ministre kazakh des Affaires étrangères. /Photo prise le 3 novembre 2016/REUTERS/Shamil Zhumatov

ASTANA (Reuters) - Plusieurs délégations arrivent déjà à Astana pour de nouvelles discussions consacrées à la Syrie et la Russie, l'Iran et la Turquie ont confirmé leur participation en dépit de l'appel de groupes rebelles syriens en faveur d'un report, a annoncé lundi le ministre kazakh des Affaires étrangères.

"Nous attendons des confirmations des autres parties à cette rencontre", a ajouté Kairat Abdrakhmanov.

Les discussions doivent débuter mardi. Mais plusieurs groupes de la rébellion ont réclamé ce week-end un report. Ils veulent évaluer les conditions de l'actuel cessez-le-feu.

Le colonel Ahmad Othman, chef de la brigade Sultan Mourad soutenue par la Turquie, a déclaré qu'il attendait toujours une réponse de Moscou à une lettre demandant à la Russie d'agir comme garante et de mettre fin aux violations du cessez-le-feu.

"Rien n'a été appliqué jusqu'à présent", a-t-il dit. "Moscou n'a pas respecté ses engagements. La principale exigence est l'arrêt des bombardements et du déplacement des populations."

Les insurgés affirment que les forces pro-gouvernementales et les milices soutenues par l'Iran, allié du régime de Bachar al Assad, continuent de bombarder les zones tenues par l'opposition à Damas, Homs, Deraa et Idlib et se préparent à une offensive contre certains faubourgs de la capitale syrienne.

Un porte-parole du HCN, principale instance de l'opposition, a reproché à la Russie de ne pas faire pression sur la Syrie, ce qui explique selon lui les réticences des rebelles.

"Il y a une intense pression sur les factions, mais elles tiennent bon, c'est une situation qui comporte des similitudes avec celle de ceux qui souffrent", a dit Salem al Mouslet.

"S'ils vont à Astana et que les bombardements se poursuivent, il y aura un problème, donc si les Russes veulent le succès d'Astana, ils doivent prendre des mesures", a-t-il ajouté.

Depuis le début de l'année, le Kazakhstan a déjà accueilli deux conférences sur la Syrie, les 23-24 janvier puis à la mi-février, à chaque fois sous l'égide de Moscou, Téhéran et Ankara.

L'objectif de la "troïka" était de consolider la trêve entrée en vigueur fin décembre après la victoire des forces pro-gouvernementales dans la bataille d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie.

L'Onu, qui mène de front un processus diplomatique portant sur la recherche d'une solution politique à la crise juge cette nouvelle session de discussions à Astana complémentaire de ses propres initiatives.

Au début du mois, l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, jugeait que ce troisième tour de table au Kazakhstan traiterait du "maintien du cessez-le-feu, de mesures immédiates pour construire la confiance et de questions opérationnelles en matière de lutte contre le terrorisme".

(Raushan Nurshayeva; Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour le service français)

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