La candidature de Rohani validée, pas celle d'Ahmadinejad

Le Conseil des gardiens de la Révolution iranienne a validé la candidature du président sortant, Hassan Rohani (photo), à la présidentielle, ainsi que celle du conservateur Ibrahim Raisi, mais a rejeté celle de l'ancien dirigeant Mahmoud Ahmadinejad, annoncent jeudi les médias officiels. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson

BEYROUTH (Reuters) - Le Conseil des gardiens de la Révolution iranienne a validé la candidature du président sortant, Hassan Rohani, à la présidentielle, ainsi que celle du conservateur Ibrahim Raisi, mais a rejeté celle de l'ancien dirigeant Mahmoud Ahmadinejad, annoncent jeudi les médias officiels.

Considéré comme un dirigeant pragmatique modéré capable de s'entendre avec l'Occident - comme l'a illustré l'accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 - Hassan Rohani avait triomphé avec une large majorité dès le premier tour en 2013.

Cette fois, il devrait avoir comme principal adversaire le conservateur Ibrahim Raisi, vu comme le favori de l'ayatollah Ali Khamenei, et voir sa gestion de l'économie durement critiquée par ses adversaires.

Quatre autres candidats ont été qualifiés, dont le vice-président, Eshaq Jahangiri, et le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf.

Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution islamique avait conseillé à Mahmoud Ahmadinejad de ne pas se présenter mais l'ex-président a fait fi de cet avertissement.

Khamenei est responsable de la nomination de la moitié des membres du Conseil des gardiens.

Outre les sujets économiques, Rohani et Raisi devraient s'opposer sur l'accord avec l'Occident, mis en valeur par le président sortant comme une réalisation historique de son mandat. L'Iran a accepté de contenir son programme nucléaire, en échange de la levée de sanctions économiques.

Les milieux radicaux iraniens perçoivent l'accord comme une forme de capitulation et redoutent l'ouverture du pays à des sociétés occidentales.

BILAN ÉCONOMIQUE, LIBERTÉS

Le conservateur Ibrahim Raisi, nommé l'année dernière par l'ayatollah Khamenei à la tête d'une fondation religieuse de plusieurs milliards de dollars, a critiqué le bilan économique du président sortant à plusieurs reprises, comme le guide suprême, qui a appelé le gouvernement à faire plus pour réduire le chômage.

Près de 3,2 millions d'Iraniens sont au chômage sur une population totale évaluée à 80 millions d'habitants.

A près d'un mois du scrutin du 19 mai, Hassan Rohani martèle que l'inflation a diminué en Iran et que l'économie s'est améliorée sous son mandat.

Lors de ces dernières apparitions publiques, il a estimé en outre que la justice et les forces de sécurité devaient être plus attentifs aux droits et à la vie privée des Iraniens ordinaires.

La police iranienne s'est déployée dans toute la capitale après l'annonce des noms des candidats jeudi soir, selon le site de la justice iranienne, Mizan Online.

Les débats en direct entre les candidats, organisés lors des deux dernières élections présidentielles, ont été annulés cette année, selon les médias d'Etat. Des interviews pré-enregistrées seront diffusées à la place, afin d'éviter, dit-on, d'attiser les tensions entre partisans.

De grandes manifestations ont eu lieu pendant plusieurs mois après l'élection contestée d'Ahmadinejad en 2009, faisant des dizaines de morts et conduisant à des centaines d'arrestations.

"Les amers incidents de (2009) ne seront pas répétés", a déclaré mercredi le procureur de Téhéran, Abbas Safari Dolatabadi, cité par les médias publics.

(Babak Dehghanpisheh, Nicolas Delame et Julie Carriat pour le service français)

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