La Belgique reprend à l'Arabie saoudite la Grande mosquée de Bruxelles

Le gouvernement belge a annoncé vendredi qu'il reprenait le contrôle de la Grande Mosquée de Bruxelles, mettant fin avec effet immédiat à la concession accordée à l'Arabie saoudite en 1969. /Photo prise le 19 janvier 2018/REUTERS/Yves Herman

BRUXELLES (Reuters) - Le gouvernement belge a annoncé vendredi qu'il reprenait le contrôle de la Grande Mosquée de Bruxelles, mettant fin avec effet immédiat à la concession accordée à l'Arabie saoudite en 1969.

Cette résiliation immédiate vise à "mettre fin à l'ingérence étrangère dans la manière dont l'islam est enseigné en Belgique", précise le gouvernement dans un communiqué.

La Grande Mosquée de Bruxelles est soupçonnée de promouvoir un islam radical.

La décision procède de l'enquête parlementaire sur les attentats de Bruxelles, qui ont fait 32 morts en mars 2016.

"De cette manière nous controns les influences salafistes, violentes et extrémistes", a commenté le ministre fédéral belge de l'Intérieur, Jan Jambon, sur Twitter.

La Belgique avait accordé en 1969 un bail de 99 ans à l'Arabie saoudite sur le bâtiment abritant le lieu de culte en échange d'un rabais sur la facture pétrolière de l'industrie belge.

La Grande Mosquée était gérée par la Ligue mondiale musulmane (MWL), une société missionnaire basée à La Mecque et principalement financée sur des fonds saoudiens, qui dément toute connivence avec la violence.

Le ministre de la Justice, Koen Geens, a indiqué que le bâtiment abriterait les bureaux de l'Exécutif des musulmans de Belgique, une instance officielle qui représente les communautés musulmanes du pays.

Dans son rapport publié en octobre dernier, la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Bruxelles estimait que l'islam prêché à la Grande Mosquée était susceptible de jouer un rôle significatif dans les processus de radicalisation.

"Dorénavant, la mosquée devra établir une relation durable avec les autorités belges tout en respectant les lois et traditions de notre pays, qui portent une vision tolérante de l'islam", a ajouté Koen Geens.


(Alissa de Carbonnel; Henri-Pierre André pour le service français)