Laïcité : François Bayrou «ne partage pas le sentiment que nous sommes une société assiégée»

Henri Vernet et Philippe Martinat
François Bayrou s’exprime sur la laïcité en France

L’ancien ministre revient pour Le Parisien sur la polémique Ramadan et le débat sur la laïcité.


Pour le président du Modem, proche de Macron, il est urgent d’apaiser les esprits sur la laïcité.

La polémique Ramadan est-elle révélatrice d’un problème sur la place de l’islam dans notre société ?

François Bayrou. Sûrement, oui. Vous connaissez ma position singulière : je suis chrétien, croyant, pratiquant, et en même temps défenseur absolu de la laïcité. Cette polémique me stupéfait. On est parti d’accusations de harcèlement sexuel, de violences ou peut-être même de viol, à l’encontre de Tarik Ramadan, prédicateur et leader musulman, qui se présentait dans le débat public plutôt comme rigoriste. Voilà le point de départ. Il est normal d’être choqué, et de condamner avec sévérité ces attitudes. Mais de là, le sujet a flambé en accusations réciproques, qui ont peu à voir avec les faits : d’un côté mise en accusation de certains, en particulier de Médiapart, pour « complicité avec l’islamisme », de l’autre réplique sur le thème : c’est une « campagne anti-islam » ! Le tout avec une violence sans précédent, déraisonnable. Cette violence est un symptôme : c’est le malaise exaspéré d’une partie de la société française, y compris dans les milieux intellectuels, à l’égard de l’islam. Or la définition même de la laïcité fait que ce malaise ne devrait pas exister.

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Pour quelle raison ?

La laïcité, c’est la séparation entre la conviction religieuse et les règles de la vie en commun. Bien que de convictions religieuses différentes, ou sans conviction religieuse, nous appartenons à la même société. Cette séparation entre la conviction religieuse et notre situation de concitoyens est fondamentale. Elle signifie que personne ne peut forcer l’autre à suivre sa propre loi religieuse ou philosophique ! Et ceci est un principe français, mais ce devra être aussi un principe universel. Autrement, il n’y aura au bout du (...)

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