L1: après le fiasco d'OL-OM, huis clos à Lyon et mobilisation du gouvernement

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Huis clos en attendant une sanction peut-être plus lourde, reprise en main du dossier par le gouvernement: l'heure est à la mobilisation pour le football français après les incidents du match Lyon-Marseille dimanche, énième épisode de débordements en tribunes cette saison en Ligue 1.

L'arrêt définitif de cette affiche de la 14e journée de L1 après seulement 4 minutes de jeu (0-0), en raison d'un jet de bouteille d'eau ayant atteint le capitaine marseillais Dimitri Payet à la tête, a ajouté un chapitre à la série noire.

La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), réunie en urgence lundi à la mi-journée, a sanctionné l'Olympique lyonnais du huis clos total de son stade à titre conservatoire "au regard du grave incident intervenu".

Le dossier ayant été mis en instruction, Lyon recevra donc Reims le 1er décembre sans aucun supporter en tribune, en attendant d'être fixé sur son sort le 8 décembre.

"Je n'imagine pas que l'on ne rejoue pas le match", a lancé le président lyonnais Jean-Michel Aulas à plusieurs médias dont l'AFP, estimant que demander un retrait de point contre Lyon est d'une "mauvaise foi évidente".

Pour autant, la sanction pourrait être lourde: la commission de discipline, qui doit se prononcer à la fois sur la responsabilité de Lyon dans cet incident et sur le sort du match, a déjà durement sévi cette saison après de précédents débordements lors de Nice-Marseille, Lens-Lille ou encore Marseille-PSG.

Mardi (09h30), le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu se réuniront avec les instances du football français (LFP, fédération, arbitres et clubs) pour évoquer les incidents et déterminer "les moyens d'y mettre fin pour le reste de la saison".

Plusieurs réunions techniques se sont déjà déroulées entre cabinets ministériels. Cela avait abouti à un courrier du gouvernement adressé fin octobre à la LFP, pour lutter contre l'insécurité dans les stades.

- Payet porte plainte -

L'homme de 32 ans suspecté d'avoir jeté la bouteille sur Dimitri Payet sera déféré mardi en vue d'un jugement en comparution immédiate, selon le parquet de Lyon.

Parmi les trois autres personnes placées en garde à vue après le coup d'envoi du match, deux âgées de 18 ans, ont été remises en liberté faute d'élément probant sur les faits de détention de fumigène qui leur étaient reprochés.

La troisième, âgée de 17 ans et domiciliée dans l'Ain, sera jugée par le juge des enfants de Bourg-en-Bresse pour détention d'un fumigène.

Lundi, le milieu offensif marseillais était absent de l'entraînement et l'OM a fait savoir que le joueur portait plainte "dans le cadre de l'enquête de la procureure de Lyon".

L'UNFP, le syndicat des joueurs professionnels, a annoncé qu'elle allait également déposer plainte.

De son côté, l'OL "entend pouvoir radier à vie l'individu si la Ligue et la justice donnent les moyens au club de le faire", a soutenu, dans un communiqué publié lundi à la mi-journée, le club rhodanien, disant "souhaiter que les sanctions pénales et administratives soient exemplaires".

En août dernier, de graves débordements lors de Nice-OM, qui avaient déjà commencé par des jets de bouteilles visant Payet, avaient été sanctionnés d'un retrait d'un point (plus un avec sursis) et trois matches à huis clos pour Nice.

L'OM est également sous la menace d'un retrait d'un point, la commission de discipline lui ayant infligé un sursis après des dégradations commises par des supporters marseillais au stade Raymond-Kopa d'Angers en septembre.

- Spirale -

Mais malgré les déclarations d'intention, reste à déterminer les mesures possibles pour enrayer cette spirale d'incidents, néfastes pour l'image de la L1 à l'heure où elle essaie mieux se vendre à l'international, forte de la présence des superstars du Paris SG Lionel Messi, Neymar ou Kylian Mbappé.

"Je suis choqué et furieux", a réagi le président de la LFP Vincent Labrune dans un entretien diffusé sur le site internet de L'Equipe. "Il est urgent de lancer une grande concertation nationale concernant la violence dans les stades. Cette gangrène va nous tuer."

La ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu, de longue date favorable à des sanctions individuelles visant spécifiquement les fauteurs de trouble, a souhaité lundi une modification des règlements pour que l'arbitre d'un match ait "les coudées franches".

"Il faut qu'il sache ce qu'il peut faire ou pas. Ce n'est pas marqué noir sur blanc" qu'il doit arrêter un match après un jet de projectile, a-t-elle regretté.

Karl Olive, maire de Poissy et membre du Conseil d'administration de la LFP, en a même appelé au président Emmanuel Macron, dont il est proche.

"Si on ne tape pas du poing sur la table, on ne s'en sortira pas", a-t-il dit au micro de BFMTV. "J'espère bien que le président de la République lui-même va siffler la fin de la partie."

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