"L’Œuvre sans auteur" : l’histoire, la romance et l’art du XXe siècle dans un beau film de facture classique

Jacky Bornet
Le réalisateur de "La Vie des autres", Oscar du meilleur film étranger 2007, raconte l’art des années 40 à nos jours avec romanesque et style.

L’Œuvre sans auteur de Florian Henckel Von Donnersmarck (La Vie des autres) ratrace une histoire de l'art contemporain via ses fondateurs, en Allemagne, à des périodes troubles : l'Hitlérisme, le communisme de la RDA... Il conte aussi une vraie histoire d'amour. Dans les salles le mercredi 17 juillet.

Le film est projeté en deux parties, séparées à la vente. Une distribution inédite pour un film de 3h10 au total (1h30 + 1h40) : on a vu plus long d’une seule traite… C’est le seul point faible d’une œuvre remarquable.

Pairs fondateurs

Emmené par sa tante à l’exposition d’"Art dégénéré" du IIIe Reich en 1937, Kurt, sept ans, se découvre des talents d’artiste. A l’âge adulte quand les Nazis ont été vaincus, il est parmi les plus grands peintres de Berlin-Est récupérés par les communistes. Sensible aux avant-gardes bannies par le régime, il aime Ellie, modiste, dont le père fut très impliqué dans la médecine nazie. Passés à l’ouest, ils s’épanouissent dans leur art, mais sont rattrapés par leur passé…Très beau sujet que de s’attaquer aux origines de l’art contemporain. Après The Square qui traitait des galeristes et curateurs d’aujourd’hui avec un cynisme éclairé, Florian Henckel raconte leurs pairs dans un style classique. Avant-garde et classicisme : un paradoxe qui va au bénéfice du film. Le réalisateur y insère la belle romance du couple Kurt-Ellie, mêlée aux fantômes du nazisme.

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