L’urgence climatique ne sera pas résolue par des annonces mais par des actes

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De nombreuses voix s’élèvent pour que la stratégie de reprise de l’économie post-coronavirus soit en phase avec l’urgence écologique. Le défi est gigantesque. Atteindre la neutralité carbone en 2050 – nécessaire pour espérer contenir le réchauffement climatique sous la barre de 2°C – impose à la France de diviser par près de 15 ses émissions de gaz à effet de serre pour passer de 465 millions de tonnes d’équivalent CO2 (MtCO2éq) en 2017 à ce que ses forêts et prairies peuvent absorber, soit 32 MtCO2éq selon les Chiffres clés du climat du Commissariat général au développement durable [CGDD, Chiffres clés du climat – France, Europe et Monde, Edition 2020]. Et cela sans considérer les émissions de gaz à effet de serre liées aux produits importés par la France…

L’enjeu climatique rejoint celui de la sécurité énergétique. En effet, l’offre pétrolière se contracte depuis fin 2018, une tendance qui accélère avec l’effondrement du prix du baril. Ainsi, l’après-Covid-19 verra des contraintes potentiellement fortes et probablement durables peser sur l’approvisionnement pétrolier. Investir pour soutenir des activités fortement dépendantes du pétrole, outre le fait que ce soit en contradiction avec l’objectif de neutralité carbone, risque donc d’être à fonds perdus. En réponse, le gouvernement a assorti les 3 milliards d’euros de prêts directs et 4 milliards de prêts garantis à 90% accordés à Air France à une série de conditions censées mener à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Voyons ce qu’il en est réellement.



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