L’Union européenne entrouvre la porte aux Balkans occidentaux

La Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'Union europeenne, l’Italienne Frederica Mogherinini. La Commission européenne a publié mardi son plan d’action pour l'adhésion des pays des Balkans à l’UE, une stratégie destinée autant à les encourager dans les réformes à qu’à convaincre les pays déjà membres de la nécessité de ce nouvel élargissement. /Photo prise le 4 janvier 2018/REUTERS/Alexandre Meneghini (Reuters)

STRASBOURG (Reuters) - La Commission européenne a publié mardi son plan d’action pour l'adhésion des pays des Balkans à l’UE, une stratégie destinée autant à les encourager dans les réformes à qu’à convaincre les pays déjà membres de la nécessité de ce nouvel élargissement.

C’est, pour l’UE, une question de stabilité et de sécurité, s’agissant d’une région soumise aux stigmates de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, au transit des flux migratoires et à l’influence croissante de la Chine et de la Russie.

"Les Balkans occidentaux font partie de l’Europe du point de vue géographique, ils partagent la même histoire et le même héritage culturel que de nombreux pays de l’Union européenne", a souligné à Strasbourg sa Haute représentante pour les Affaires étrangères, l’Italienne Frederica Mogherinini.

"La perspective de leur intégration est d’abord importante pour l’Union européenne", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse, évoquant les enjeux économiques et de sécurité et rappelant que "les pays des Balkans occidentaux sont entourés par les pays de l’Union européenne".

Sans fixer de date aux six pays candidats ou postulants à ce statut, Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo, Bruxelles évoque 2025 comme échéance possible pour les premières adhésions et cite la Serbie et le Monténégro comme postulants les plus avancés.

"C’est une date indicative, c’est une date incitative pour que les pays concernés s’engagent sur la voie", a précisé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devant le Parlement européen.

"Ces pays sont encore loin de remplir les conditions pour adhérer à l’Union européenne mais nous devons (leur) tendre la main", a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu’il n’y aurait "pas d’élargissement supplémentaire sans que les problèmes ayant trait à des frontières soient résolus au préalable".

REFERENDUM EN FRANCE

La remarque vaut surtout pour la Serbie et son ancienne province, le Kosovo, devenu indépendant en 1999 après 15 mois de guerre, sans que les deux Etats soient parvenus depuis à une normalisation de leurs relations. Cinq Etats membres de l’UE, en outre, ne reconnaissent toujours pas le Kosovo.

La Macédoine devra, de son côté, résoudre la querelle qui l’oppose à la Grèce sur son nom officiel qui ne peut être, pour Athènes, celui d’une de ses provinces.

Outre le message politique, qui devra être confirmé lors d’un sommet des 27 avec les six pays candidats, le 17 mai à Sofia, capitale de la Bulgarie, la "Stratégie pour les Balkans occidentaux" s’accompagne de "six initiatives" devant aider à la transformation de ces pays.

Les six programmes concernent le renforcement des règles de droit, le soutien à l’emploi et au développement économique, la stratégie numérique, le renforcement de la lutte contre la criminalité, le terrorisme et la gestion des migrations, l’amélioration des réseaux énergétiques et de transport, le soutien à la cohésion sociale et à la réconciliation entre les populations.

Ils devraient être financés par un accroissement des fonds de pré-adhésion qui se montent à 1,07 milliard d’euros pour 2018 et par une "réattribution" de fonds existants, a expliqué le commissaire à l’élargissement, Johannes Hahn.

En France, tout nouvel élargissement est soumis à référendum, ce qui rend l'opération très risquée.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)