L’Ukraine ne peut plus payer ses dettes

NACHO DOCE / REUTERS

Kiev n’arrive plus à faire face à ses échéances. Le pays en guerre a demandé fin juillet à ses créanciers étrangers des délais, relate Le Temps. “Recettes fiscales en baisse, augmentation des dépenses liées à la guerre, économie qui risque de violemment se contracter cette année (- 45 % selon les prévisions de la Banque mondiale)”… L’Ukraine, dont le déficit budgétaire “est estimé à 5 milliards de dollars par mois”, a vu vendredi 5 août Standard and Poor’s “abaisser la notation de sa dette”, le défaut de paiement étant “quasi certain”, selon l’agence financière.

Pourtant, “certains pays occidentaux ont déjà annoncé qu’ils accepteraient” d’accorder des délais à l’Ukraine, supposée rembourser 1 milliard de dollars (980 millions d’euros) le 1er septembre, détaille le quotidien suisse. Quand un pays n’est pas en mesure de payer “s’ouvrent alors des négociations entre le débiteur et ses créanciers qui décident d’un report de paiements, d’un échelonnement ou d’une réduction de la dette”.

Une dette qui s’alourdit de jour en jour

La dette extérieure du pays se montait fin 2021 à 100 milliards de dollars (98,3 milliards d’euros). Depuis le début de la guerre, Kiev a aussi reçu un soutien international à hauteur de 38 milliards de dollars, dont une majorité “sous forme de prêts plutôt que de dons”, détaille le journal de Genève. Le pays a également émis des “war bonds”, des obligations destinées à financer l’effort de guerre, à quoi “s’ajoutent les emprunts obligataires des agences et entreprises publiques et privées” pour 13 milliards de dollars.

L’Ukraine a pour elle d’avoir “la sympathie d’une grande partie de ses créanciers”. La France, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni sont convenus d’un “gel des paiements pour deux ans”. Et “plusieurs gérants d’actifs, comme BlackRock ou Fidelity, ont aussi exprimé leur soutien”.

Que se passera-t-il à l’issue du conflit ? Si la Russie annexe l’Ukraine ou si le pays met en place un gouvernement prorusse, le scénario le plus probable serait “un défaut qui se prolonge”, puisqu’il est “possible que Moscou ne se sente pas obligé de rembourser” les échéances ukrainiennes. Si l’Ukraine gagne, ses finances publiques risquent “de se détériorer encore davantage”. Les 4 et 5 juillet à Lugano, la conférence internationale sur la reconstruction de l’Ukraine avait évalué son coût à 750 milliards d’euros.

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